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    Homélie à partir de l'Evangile de Lc 12, 49-53 : 

                Il est évident que Jésus n’a pas pour but, en venant sur la terre, de semer la division parmi les hommes. 

                Mais son message rempli d’Amour de Dieu le Père, rempli d’Amour pour tous les Hommes sans exception, est un appel à aimer jusqu’au don de soi-même : ce message ne laisse personne indifférent. 

                Jésus a rencontré des adversaires dans son propre village. A Nazareth, les habitants qui l’ont vu grandir ne le comprennent pas et s’opposent entre eux à son sujet. 

                Marie, et Joseph son père adoptif, ont vécu aussi, difficilement, les déchirements et les oppositions qui existèrent au sujet de Jésus : y compris parmi les autorités religieuses de l’époque. 

                Et c’est bien ensuite la croix qui fut le signe majeur de l’incompréhension au sujet de Jésus qui est le Christ, le Messie, l’Envoyé de Dieu le Père. 

                La croix de Jésus est un scandale pour les Juifs et une folie pour les païens. Et pour les apôtres de Jésus, la croix est, pour la plupart d’entre eux, un échec, avant d’être témoins de la Résurrection de Jésus. 

                Par sa croix Jésus apporte le feu sur la terre. Il apporte le feu de l’Evangile. 

    Ce feu, c’est celui de l’Amour qui est en Lui. 

    Tout l’Évangile nous dit cet Amour passionné de Jésus pour Dieu son Père et pour tous sans exceptions : Jésus « nous a aimés comme on n’a jamais aimé ». 

    Son Amour pour chacun dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous n’aurons jamais fini d’en découvrir toute la grandeur. 

    La meilleure façon de découvrir l’Amour de Jésus Christ pour nous :

    - c’est d’essayer d’aimer comme Il nous aime.

    - C’est d’essayer de se donner aux autres comme Il l’a fait et le fait encore, notamment à chaque Eucharistie. 

                L’Evangile peut nous emmener très loin. Là où nous n’aimons pas tellement aller. 

                C’est pourquoi, souvent, nous nous fabriquons des coupes-feu : Nous adaptons alors le commandement de l’Amour à notre façon et nous ne faisons plus d’efforts pour mieux aimer. 

                Pire, en laissant de côté les exigences de l’Evangile, nous pouvons oublier que nous avons continuellement besoin de pardon et de réconciliation. 

                Et Jésus dit bien dans l’Evangile d’aujourd’hui : « Comme je voudrais que ce feu soit déjà allumé. » Et il ajoute aussi : « Comme je voudrais être baptisé. » 

                Le baptême de Jésus est de passer à travers la mort : c’est l’épreuve de la croix et du don de lui-même jusqu’au bout pour faire naître un monde nouveau. 

                Jésus le Christ annonce la naissance d’un monde nouveau : 

    - où la Loi est faîte pour l’Homme et non le contraire, 

    - un monde où les derniers sont les premiers, 

    - où le pardon est toujours possible, 

    - où chacun donne le meilleur de lui-même, 

    - un monde où chacun agit toujours pour le bien de l’autre. 

    Et à l’aube de ce monde nouveau, il y a la croix qui allume le feu !!! 

    C’est justement à une réunion de préparation au baptême qu’un papa a fait cette remarque lumineuse : « La croix c’est le croisement de deux chemins : le chemin de Dieu qui croise le chemin des hommes. » 

    On peut aussi dire que la croix représente le chemin des hommes qui croise le chemin de Dieu. 

    "La Foi (dit le Pape François), la foi accomplit dans notre vie une révolution que nous pourrions appeler copernicienne, elle met Dieu au centre." 

    La Foi nous immerge dans Son Amour qui nous donne le courage, la Force, l'Espérance. 

    Avec la foi, au plus profond de nous-mêmes tout change... notre existence se transforme, notre façon de penser et d'agir se renouvelle, elle devient la façon de penser et d'agir de Jésus, de Dieu. 

    "La Foi est révolutionnaire... es-tu prêt à entrer dans cette onde révolutionnaire de la Foi ? " 

    La foi au Christ ne nous fait pas vivre autre chose, mais elle nous fait vivre autrement les choses de la vie. 

                Certes la foi ne nous fait pas échapper aux aléas, aux épreuves et aux responsabilités de l’existence, mais elle apporte le courage de tout assumer. 

    Plus j’avance en âge, et plus je m’aperçois que croire en Jésus-Christ c’est grandir en humanité, en croisant le chemin de Dieu qui vient nous rencontrer en Jésus, Dieu fait Homme. 

    Croire, c’est vivre grâce à Jésus, avec mon humanité et avec l’humanité des autres. 

    La foi en Jésus Christ, Dieu fait Homme par Amour pour nous, nous aide à voir clair en notre humanité et à faire le choix difficile du feu de l’Espérance malgré tout. 

    Il y aura toujours des incompréhensions entre les personnes qui croient et celles qui cherchent à croire. 

    Ainsi, les contemplatifs, les moines et moniales qui consacrent leur vie à la prière et à la louange de Dieu, ne sont pas toujours acceptés. 

    Ainsi, les hommes et les femmes qui choisissent de vivre dans leur quotidien, les exigences de l’Evangile ne sont pas toujours acceptés. 

    Ainsi, il y aura toujours des prophètes de l’Evangile qui dérangeront et qui poseront question en invitant chacun à aimer malgré tout. 

    Aujourd’hui, c’est à chacun de nous que revient la belle mission de rallumer le feu de Jésus-Christ et de son Evangile pour permettre la naissance d’un monde nouveau, en mettant au centre de la vie, la Foi, l'Espérance et l'Amour malgré tout.

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  • Homélie :

                Personne n’est aussi connu dans le monde entier que cette humble jeune femme de Nazareth : Marie.

                Pratiquement toutes les villes, les villages d’Europe et beaucoup de villes dans le monde possèdent une chapelle, ou une statue, un tableau représentant Marie.

                Et toute la gloire de Marie vient de Dieu lui-même : « Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous… »

                Toute la grandeur, la beauté de Marie vient « de la grâce divine ». Le Seigneur depuis toujours est avec elle.

                On risque parfois de limiter notre connaissance de Marie à son rôle de maman de Jésus. C’est vrai elle a mis au monde l’enfant Jésus et elle l’a accompagné tout au long de sa croissance et de sa vie d’adulte.

                Mais il y a dans la maternité de Marie un sens plus profond.

                Marie participe à la mission de son fils. Au tout début de la vie publique de Jésus, au premier signe de la divinité de Jésus, Marie est présente.

                Et non seulement elle est là mais en plus elle est à l’origine du premier geste extraordinaire de Jésus. Cela se passe au cours des noces de Cana.

    « Ils n’ont plus de vin fait remarquer Marie. » Jésus, pourtant, n’a pas prévu d’agir puisqu’il dit à sa mère « femme, mon heure n’est pas encore venue. » Mais lui le Fils de Dieu, ne peut rien refuser à sa mère humaine. Et Marie le sait puisqu’il va dire aux serviteurs de la noce « Faîtes tout ce qu’il vous dira. » Et Jésus permettra à la noce de continuer en transformant l’eau en vin.

                Au moment où Jésus est crucifié sur la croix, Marie est là au pied de la croix, avec confiance et foi en son Fils.

                Marie est également témoin de la montée de son Fils auprès de Dieu le Père : témoin de l’Ascension. Et elle est toujours là au moment de la Pentecôte, jour de la naissance de l’Eglise, jour du don de l’Esprit Saint qui nous permet maintenant de trouver la présence de Dieu en nous-mêmes, en chaque personne.

                Marie, dès le jour où l’ange lui annonce qu’elle va donner naissance à un fils qui s’appellera Jésus (ce qui veut dire Dieu sauve), elle comprend, dans sa foi de jeune femme, que son rôle est d’être la mère du Messie, de l’Envoyé de Dieu.

                Marie va alors suivre son fils jusqu’au bout.

                Et, Jésus sur la croix nous confie à sa mère « Femme voici ton Fils et fils voici ta mère. »

                En ce beau jour de l’Assomption essayons d’entrer dans cette belle vérité de la maternité de Marie pour tous les hommes, les femmes et les enfants.

                Par l’Assomption, au ciel, Marie exerce cette maternité universelle.

                Maintenant elle connaît chacun de ses enfants d’adoption que nous sommes tous.

                Dans la proximité bienheureuse avec Dieu, Marie nous connaît de manière individuelle, personnelle.

                Donc ce n’est pas étonnant que dans le cœur de millions d’être humains, Marie suscite une telle dévotion.

                Chacun peut la considérer, dans la foi, comme sa propre mère.

                « Oui, rien n’est impossible à Dieu. » : Comme le disait l’ange de l’Annonciation

                La maternité de Marie est pour elle et pour nous : « une grâce divine ».

                Et Marie ne se limite pas à une simple connaissance de nous-mêmes. Comme une mère, elle nous aime et agit pour nous en priant Dieu pour nous.

                « Sainte Marie, mère de Dieu priez pour nous... »

                Bien sûr Marie ne prend pas la place de son Fils qui est le seul Sauveur, le seul médiateur entre nous et Dieu le Père. Marie n’est pas Dieu : « elle prie son Fils pour nous. »

                Ainsi, Dieu nous donne de mieux le connaître et de mieux l’aimer par Jésus, son Fils et par Marie sa mère et notre mère.

                L’Assomption est vraiment la suite logique de la maternité exceptionnelle de Marie.

                Faisons-nous appel à Marie ? N’oublions jamais que le rôle de Marie est de prier pour nous tous les jours.

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  • Homélie :

             Les lectures de ce dimanche nous invitent à vivre de ce qu’on appelle les trois vertus théologales, c'est-à-dire les vertus qui caractérisent notre relation avec Dieu : la foi, l’espérance et la charité.

             La foi d’abord. Dans sa première encyclique « Lumière de la foi », le pape François écrit ceci : « La foi est liée à l’écoute. De cette façon la foi prend un caractère personnel. »  
             La foi est une confiance en une personne, le Christ. La foi, c’est l’expérience, la rencontre de Jésus Christ. Pour l’entendre et en vivre, il faut savoir faire silence, écouter son cœur, entrer dans une lecture priante de l’évangile.

             La foi est une assurance dont Dieu nous fait cadeau, que nous sommes destinés à partager sa vie divine, son intimité, parce que  nous croyons que Dieu nous aime immensément et que, pour cela, rien ne doit nous décourager sur le chemin vers la sainteté.      Nous nous appuyons, dans la confiance, dans la foi, sur Jésus le Christ qui nous aime chacun personnellement.

             L’espérance ensuite, c’est la vertu de la foi vécu au quotidien. L’espérance nous fait croire que demain, ça ira mieux, quand aujourd’hui, tout va mal.

             C’est l’espérance qui nous permet de « rester en tenue de service et de garder nos lampes allumées » (Luc 12,35). Car pour attendre le maître à son retour des noces (Luc 12,36), il faut savoir l’espérer. C’est pourquoi, l’évangéliste Luc formule cette béatitude que nous venons d’entendre : « Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour » (Luc 12,37). Pour veiller, il faut simplement avoir un cœur en désir, c’est garder au fond de soi un petit peu d’espérance allumée. 

             La charité. La charité, qui est l’Amour, est la réponse au don gratuit de Dieu qui se donne tout entier en Jésus Christ. Avec la foi nous découvrons l’Amour de Dieu. Alors, notre charité, notre amour est notre réponse plus ou moins parfaite à l’Amour de Dieu : « Tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. » « Restez en tenue de service ». Le service de la charité, de l’amour.

             Vivons en serviteurs fidèles, dans la foi, l’espérance et la charité que nous appelons aussi l’amour.

             Aime ! Ne cesse jamais d’aimer ! Tu n'auras jamais fini, car Dieu même veut te combler. L'évangile de ce dimanche nous suggère de concevoir notre vie comme un rendez-vous d’amour où l’on prépare son cœur pour le Seigneur qui vient, l'Amour qui vient.   

             Sur son lit de mort, Thérèse d'Avila dit : « Il est temps de nous voir, mon Aimé, mon Seigneur. C’est l'heure. » Trois cent ans plus tôt, Claire d’Assise murmurait aussi : « Je pars en toute sécurité, j’ai un bon guide pour la route... Béni sois-tu, Seigneur, toi qui m’as créée ! » Jésus viendra à notre rencontre au jour inévitable de notre mort, à l’heure « imprévisible ».

             C'est à cette éventualité que le texte évangélique d'aujourd'hui nous place d’abord.

             Mais l’Evangile que nous venons d’entendre va plus loin et plus profond. C'est dès maintenant, que le Seigneur vient.

             Il s'agit de ces innombrables « venues » de Dieu que nous manquons trop souvent parce que nous sommes ailleurs, et que nous ne « veillons » pas.

             Dieu vient de mille manières. Dans sa Parole proposée chaque jour que nous pouvons lire dans les revues du Prions en Eglise ou du Magnificat. Dans le doux élan intérieur qui nous invite à lui consacrer un peu de temps de prière chaque jour. Dans toute personne qui a des besoins naturels : « J'ai eu faim, et tu m'as donné à manger. J’ai eu soif, et tu m’as donné à boire. J’avais de la peine et tu m’as consolé. »

             En se faisant Homme en Jésus Christ, Dieu vient de mille manières. Dans les évènements imprévisibles, joies et contrariétés, peines et plaisirs : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps » : dit Jésus.

             - Dieu vient de mille manières. Au moment des courses à faire, du dîner à préparer, des obligations de chaque jour : c'est le Seigneur qui vient !

             - La porte à ouvrir, la lettre à écrire, : c'est le Seigneur qui vient !

             - Le téléphone à décrocher, c'est le Seigneur qui vient !

             - La migraine à supporter, le malade à visiter : c'est le Seigneur qui vient !

             - Les personnes rencontrées chaque jour : c'est le Seigneur qui vient !

             Oui, Seigneur, fais de nous des veilleurs de la foi, de l’espérance de la charité là où nous vivons.

             C’est là où nous vivons que le Seigneur vient chaque jour.

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    Accueil : La messe de ce 18ème dimanche ordinaire nous invite, en ces premiers jours du mois d’août, à rechercher les réalités d’en haut au cœur de notre monde.

                Le pape François l’a dit d’une autre façon pendant les dernières Journées Mondiales de la Jeunesse. Le pape François a dit aux jeunes et au monde, l’Eglise qu’il souhaite : « Je veux une Eglise qui facilite la foi, et non une Eglise qui la contrôle. »

                Le pape François résume sa pensée dans deux très belles expressions : « une Eglise de la miséricorde » et « une Eglise pauvre en relation de conversation et de compagnie avec les personnes

     

                Homélie :

                 « Vanité des vanités, tout est vanité » : cette sentence désabusée de la 1ère lecture du sage Qohèleth est devenue un proverbe.

                Pour se convaincre de sa sagesse, il suffit de porter un regard lucide sur l’actualité de notre monde : que d’injustices ! Que d’énergies englouties dans des projets éphémères !

                L’épisode présenté dans l’Évangile est une application directe de ce qui choque notre sage : « Un homme s'est donné de la peine ; et voilà qu'il doit laisser son bien à quelqu'un qui ne s'est donné aucune peine ». Ce dernier – le bénéficiaire du travail d’un autre - trouve même le moyen de se disputer avec son frère, en refusant de partager avec lui le don gratuit qui leur est fait à tous deux. Non seulement celui qui a amassé l’héritage ne profite pas du fruit de son travail, mais aussi en raison de leur « âpreté au gain », ses héritiers n’en profitent pas davantage : ils s’entredéchirent plutôt!
                Celui qui se sent lésé élève la voix : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage ». La démarche peut nous surprendre, mais il était normal dans le monde juif de l’époque, de consulter un sage pour résoudre ce genre de litige. Pourtant Jésus le repousse vivement : « Qui m'a établi pour faire vos partages ? » - sous entendu « les partages de vos biens terrestres ».

                Jésus refuse d’entrer dans la résolution du différent, argumentant que « la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses », car la vie véritable ne saurait découler de la possession de biens éphémères.

                Nous nous acheminons ainsi vers l’interrogation que nous pose la liturgie de ce jour : à quoi notre cœur s’attache-t-il ? Vers quoi tendons-nous ? Quel sens donnons-nous à notre vie à travers nos choix quotidiens ?

                Le problème de l’homme riche que Jésus met en scène n’est pas d’avoir amassé des richesses, mais de s’être coupé du réel.

                Il s’est en effet construit un monde imaginaire où il se trouve seul avec lui-même, dans un illusoire dialogue sans interlocuteur, puisque c’est à lui-même qu’il s’adresse, en disant : « Te voilà avec des réserves en abondance. Repose-toi, mange, profites de l’existence. »

                Or que nous le voulions ou non, nous nous inscrivons dans une réalité qui s’appelle « le monde », « l’humanité ».

                Cet homme désire « se reposer », sans autre souci que de « jouir de l’existence » dans une vie centrée sur lui-même, sur son « repos » et sur sa « nourriture », c'est-à-dire la satisfaction égoïste de ses besoins et uniquement ses besoins.

                Hélas, le réveil sera douloureux : « cette nuit même on te redemande ta vie ! » Au lieu de « s’enrichir aux yeux de Dieu » en partageant ici-bas ses biens avec ceux qui en ont besoin, il va se trouver pauvre et sans rien dans l’au-delà, tandis que d’autres mangeront ce qu’il a amassé dans ses greniers.

                En ne vivant que pour lui-même, sans souci ni de Dieu ni des autres, ce pauvre homme est devenu « fou », c'est-à-dire insensé, n’ayant pas su interpréter le sens des richesses que Dieu lui confiait.

                Cet insensé, c’est nous, chaque fois que, nous ne vivons que pour la satisfaction de nos désirs et de nos envies.

                Dans la seconde lecture, Saint Paul nous aide vigoureusement à vérifier où nous en sommes dans notre vie.

                Aussi longtemps que nous demeurons prisonniers de nos penchants égoïstes, nous ne pouvons pas adopter le comportement de l’homme nouveau, celui que Dieu le Père « refait toujours neuf à l’image de son Fils, Jésus Christ. »
                Ceci ne signifie pas pour autant que la possession de richesses matérielles constituerait un piège. Saint Paul nous enseigne qu’il s’agit de rechercher « les réalités d’en haut », tout en poursuivant notre pèlerinage sur terre.

                La conclusion de la deuxième lecture est éloquente à cet égard : pour ceux qui orientent leur vie vers Dieu et vers les autres, « iI n'y a plus de Grec et de Juif, plus d'esclave, d'homme libre, il n'y a que le Christ : en tous, il est tout ».

                Nous sommes tous créés à l’image du Christ et par conséquent nous sommes tous frères. Comme Saint Paul le dit dans un autre passage de ses lettres : Dans la foi au Christ nous formons un seul corps (une seule famille) et chaque membre de ce corps ne peut pas dire qu’il n’a pas besoin des autres membres. Dans un corps chaque membre a besoin des autres.

                Par contre celui qui s’attache à des futilités, dresse autour de lui les barrières de l’avarice et de l’envie, crée des divisions qui peuvent entraîner la violence.

                C’est bien ce que confirme l’épisode de ces deux frères, qui ne peuvent pas s’accorder en bonne intelligence par respect pour la mémoire de leur père et dans l’intérêt de leurs familles.
                L’Eglise nous invite à mettre à profit ce temps estival pour vérifier notre degré de liberté face aux sollicitations individualistes du monde.

                Parvenons-nous à conduire nos activités dans l’Esprit de l’Évangile ?

                La prière du psaume de ce dimanche peut nous aider :

    « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse ».

                « Oui Seigneur : "apprends-nous la vraie mesure de nos jours", afin que faisant un bon usage des biens qui passent, nous puissions dès à présent et pour toujours, nous attacher aux biens qui ne passeront pas. »

                Les biens qui ne passent pas nous les trouvons dans notre relation avec Jésus Christ et dans nos relations avec les uns et les autres.

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  •   Homélie 17è dimanche ordinaire

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ecoutons Jésus nous apprendre à prier avec sa prière.

    « Notre Père… » : « Abba »… dans la langue de Jésus et cela veut dire « Papa ». Quand nous reprenons la prière de Jésus, nous osons, à notre tour penser que « nous sommes aimés de l’Amour même dont le Père aime son Fils Unique Jésus. » (Jean 20, 17).

    « Que ton nom soit sanctifié… »
    « Que ton Règne vienne… »

             Avant de dire à Dieu nos propres besoins, Jésus nous invite à prier aux intentions du Père (son Père et Notre Père). Et ses intentions, c’est que son Nom soit manifesté, que son Règne vienne. Que Dieu, qui n’est qu’Amour, montre à quel point il est Père et qu’il veut que s’étende l’Amour sur toute la terre des hommes. Dieu Le Père, nous ne le connaissons pas ou si peu. Nous lui demandons de nous faire entrer dans ses projets, de pénétrer dans son intimité pour en être transformés. La prière est ainsi le moyen de devenir conformes à ce que le Père attend de nous.

             Ayant ainsi formulé le désir de connaître le Père, nous lui demandons ensuite les moyens de réaliser ce désir.

    « Donne-nous le pain… »
    « Pardonne-nous… car nous –mêmes nous pardonnons… »
    « Ne nous laisse pas entrer en tentation… »

             C’est seulement du Père que nous pouvons recevoir le pain, le pardon et la liberté face au mal.  Donne-nous au jour le jour le pain dont nous avons besoin pour aujourd’hui, pour tenir maintenant. Et dans le « nous » il y a présents tous ceux-là qui manquent de pain. Ma prière est vraie si elle m’incite à partager.

    Donne-nous le pardon indispensable, du fond du cœur, à ceux qui nous ont fait tort.

    Délivre-nous enfin de la grande tentation qui est d’abandonner Jésus. C’est bien chaque jour aussi qu’il nous faut nous battre  contre le mal et conquérir notre liberté…

    Acceptons de nous laisser façonner par ces mots, alors notre prière sera de plus en plus vivante et vraie. Alors redisons ensemble le Notre Père pour nous aider à mieux le vivre.

    NOTRE PERE :

    Toi, notre  Dieu, Tu es comme un Père qui aime ses enfants.

    Tu sais toujours nous écouter, nous entendre.

    Si nous prenons ta main, tu nous accompagnes,

    tu nous guides sur le beau chemin de la vie...

     

    QUI ES AUX CIEUX :

    Je sais que ton Amour est plus grand, plus haut, plus fort,

    que tout l'amour que je pourrai rencontrer ou mettre sur terre.

    Il est, un peu comme le ciel, il dépasse tout, il est Infini !!!

     

    QUE TON NOM SOIT SANCTIFIE : 

    Que ton Nom soit connu ! Je crois, au plus profond de moi,

     que tu es toute sainteté, toute lumière, tout Amour!

     

    QUE TON REGNE VIENNE : 

    Ton Règne, ton Royaume, c'est l'Amour!

    Oui, j'aimerais bien que chaque personne vive en communion...

     

    QUE TA VOLONTE SOIT FAITE

    SUR LA TERRE COMME AU CIEL :

    Aujourd'hui, j'ose te dire avec confiance : «Père, que ta volonté soit faite.»

    Je prends ta main et je me laisse conduire sur le chemin que tu me proposes :

    c’est le plus beau des chemins pour ma vie.

    Il est le chemin sur lequel je trouverai la paix,

    pour mon bonheur et le bonheur avec les autres.

     

    Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour : 

    Notre pain c’est ton Amour.

    Et ton Amour est regard vers l'autre, patience, écoute, paix, respect,

    tendresse, partage, don, pardon, service, confiance, espérance...

     

    Pardonne-nous nos offenses,

    comme nous pardonnons aussi

    à ceux qui nous ont offensés : 

    Père, aide-moi à oser te demander pardon et à pardonner à ceux qui m'ont fait du mal,

    pour que mon cœur soit rempli de lumière et de paix.

     

    Et ne nous laisse pas entrer en tentation :

    Père, tous les jours, je suis tenté

    de ne pas faire attention aux autres

    de blesser avec des mots méchants, avec des gestes,

    ou d’être indifférent.

    Père,  je sais que tu peux  m'aider à partager.

     

    Mais délivre-nous du mal :

    Délivre-nous du mal, aide-nous à faire le choix du bien

    pour que ta lumière et ta paix rayonnent sur le monde !

    AMEN :

    Je suis d’accord. Oui, la prière que je viens de dire est une SOLIDE fondation sur laquelle je veux construire ma vie.

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        Les deux sœurs amies de Jésus, Marthe et Marie ont souvent été prises, la première comme l’image de l’action, du travail et la seconde comme exemple de la contemplation, de la prière. Cette interprétation peut nous induire en erreur en opposant contemplation et action, ou prière et travail.

        Mais si Marthe s’active au service de sa maison c’est bien pour accueillir Jésus le mieux possible et lui manifester ainsi son amitié. Peut­ on imaginer Jésus dévaloriser Marthe et l’humilier devant sa sœur Marie ?

        Déjà le passage de la Genèse que nous avons entendu en première lecture nous montre avec quelle qualité d’accueil et d’écoute Abraham et Sara reçoivent les trois voyageurs (qui représentent Dieu) au chêne de Mambré. Et c'est par le service concret de l’hospitalité (assuré par Sara) et l’écoute de la Parole de Dieu (assurée par Abraham) que la promesse de la naissance d’un fils est annoncée par les 3 voyageurs.

        C’est donc dans cette unité de l’action et de la prière qu’il nous faut chercher la clé de l’évangile. Marthe, dit Jésus, s’inquiète et s’agite « pour beaucoup de choses ». Lesquelles ? Sans doute les plats à préparer, puisqu’il s’agit visiblement d’un repas. Devant la préparation de ce « beaucoup de choses », Jésus parle « d’une seule chose », pour dire qu’elle est la meilleure part. C’est celle qu’a choisie Marie. Quelle est ­elle ? C’est la parole de Jésus, que Marie, assise et silencieuse, accueille au plus profond de son cœur.

        Marthe imagine – et c’est pourquoi Jésus la reprend – que l’essentiel est ce qu'elle prépare pour Jésus : Elle n’a pas compris que ce qui va de Jésus à elle est, en vérité, le plus important. Elle oublie qu’elle ne peut donner que ce qu’elle reçoit. Et ,se prenant pour l’origine, elle a peur de ne pas en faire assez, de ne pas être à la hauteur, et c’est pourquoi elle est inquiète…. Mais peut­-on faire assez pour Dieu ? Heureusement, ce que nous faisons pour Dieu, c’est ce qu’il nous donne, ce qu’il nous donne de faire. Il est dit que Marthe « reçoit » Jésus, mais c’est un accueil qui veut donner avant de recevoir. Et l’accueil de Marie est un accueil qui veut recevoir. En vérité, c’est Marie qui reçoit Jésus. Le signe qu’elle le reçoit, c’est qu’elle ne parle pas : elle écoute, toute occupée à se nourrir des paroles de Jésus.

        Bien entendu, Jésus ne reproche pas à Marthe l’activité qu’elle déploie : il aura souvent l’occasion de dire que l’écoute de la parole est inséparable du service concret des frères. Et rappelons que la première lettre de saint Jean dit que celui qui dit qu’il aime Dieu et qui n’aime pas ses frères est un menteur. Il nous faut donc réconcilier en nous Marthe et Marie. C’est dans la mesure où nous consacrons du temps à la prière, que l’Esprit Saint peut nous remplir du don de sa présence. Et alors notre activité donnera à nos prochains l'Esprit Saint, l’Amour du Père et du Fils.

        Mère Térésa faisait toujours commencer la journée de ses « missionnaires de la charité » par un long moment de prière. Et elle demandait à des personnes qui ne peuvent plus que prier, des grandes malades­, de porter chacune de ses sœurs.

        Voici une grâce à demander et à accueillir : d'entrer dans le mouvement de la prière continuelle qui nous garde dans une paix profonde au cœur même de notre action. Que Marthe et Marie nous soutiennent dans notre manière de vivre, l'une après l'autre, les deux attitudes de la foi : la prière et l'action, l'action et la prière ! Amen !

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  •  « Tu aimeras Dieu de toutes tes forces et ton prochain comme toi-même. » 

                Aujourd’hui, nous est rappelé l’essentiel, l’essentiel de notre foi et de notre vie. « Aime ton prochain. »

                Mais qui est mon prochain ?

                Il y a le prochain qu’on voit et celui qu’on ne voit pas, ou qu’on ne veut pas voir. Il y a celui qui est naturellement proche, parce qu’on partage les mêmes goûts, les mêmes idées. Il y a celui qu’on rencontre tous les jours, mais qu’on ignore. Et il y a celui que l’on rejette, parce que quelque chose nous oppose.

                Qui est donc mon prochain ? Il n’est pas celui qui me ressemble, mais celui que Dieu me donne à aimer.

                Dans l’évangile de ce dimanche, voilà un homme attaqué sur la route. Un inconnu. Il est là, à moitié mort. Il est là comme un appel silencieux. Un appel à tout homme de bonne volonté qui pourrait le secourir. Et voilà successivement deux hommes, deux religieux. Mais ils passent leur chemin. Pourquoi ? Ils pensent avoir de bonnes raisons, au nom de leur religion. Et voilà un Samaritain, ennemi juré des deux premiers. Lui est touché par ce blessé. On nous dit qu’il est « saisi de compassion ». On aurait pu traduire : « pris aux tripes ». Lui va s’approcher du blessé, va prendre soin de cet homme. Lui ne calcule rien et donne ce qu’il faut pour que cet homme soit pris en charge. Nous comprenons bien tout cela. Mais l’enjeu c’est de le mettre en pratique. « Fais cela et tu vivras », dit Jésus au docteur de la Loi qui l’interroge.

                Nous pouvons aussi comprendre cette page d’Évangile à un autre niveau. En Jésus, c’est Dieu lui-même qui s’est fait notre prochain. Il s’est approché de nous jusqu’à se faire l’un de nous. Nous voyons dans l’Évangile combien Jésus prend soin de tous ceux qui sont blessés dans leur corps ou dans leur cœur. Et il se donnera tout entier, sur la croix. L’humanité blessée par le mal, par la violence, par le péché, par la mort, c’est encore la nôtre.

                Jésus passe au milieu de nous, et il nous confie à l’aubergiste, qui est son Église.

                Chaque été, l'Église est en pèlerinage notamment à Lourdes où Marie est apparue à une jeune fille : La petite Bernadette Soubirous.

                Dieu s’est approché d’elle, par Marie. À Lourdes, Marie s’est faite petite comme Bernadette, a parlé le patois de Bernadette, pour en faire la messagère de l’amour de Dieu. Et Bernadette a été touchée. Touchée par l’amour de Dieu pour elle. Et elle a voulu se donner à cet amour. Elle l’a dit : « Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant. » Et elle l’a fait : Auprès des malades, à Lourdes puis à Nevers, et dans une union de plus en plus forte à Jésus, dans sa propre maladie et dans sa mort.

                La grande loi de notre vie est l’Amour. La grande loi de notre Dieu est l’Amour. Cette loi est dans nos cœurs, comme le disait la première lecture. « Elle est près de toi cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique. » Cette Parole a aussi un visage, le visage d’un prochain connu ou inconnu.

                Saurons-nous, nous approcher de ce prochain ?

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  • Homélie : La vie intérieure

                 Avec le mois de Juillet, c’est une période de vacances qui commence pour beaucoup. Même si tout le monde n’est pas en vacances, les deux mois d’été « Juillet et Août » représentent une période de l’année différente : beaucoup d’activités s’arrêtent ou fonctionnent au ralenti, excepté bien sûr les activités touristiques.

                Et peut-être que vous aurez envie de visiter ou de revisiter la basilique de l'abbaye de saint Benoit sur Loire dans le Loiret.

                Dans la petite boutique de l’abbaye de saint Benoit, nous pouvons demander une prière qu’un moine a écrite pour tous ceux qui viennent prier dans la basilique et devant les reliques de saint Benoit.

                Que dit cette prière ?

                Dans celle-ci, il est dit que beaucoup d’entre nous ont perdu la clef de leur propre maison intérieure, la clef de leur vie intérieure.

                Cela rejoint ce que nous avons entendu dans l’évangile de ce dimanche : « Dans toute maison, dîtes : Paix à cette maison. »

                Jésus envoie ses disciples porter la paix. Et à chaque messe, c’est encore le même envoi : « Allez dans la paix du Christ. » D’ailleurs le mot « messe » signifie : « être envoyé. »

                Notre participation à la messe : c’est recevoir la paix de Jésus pour ensuite aller la porter à tous ceux qu’on rencontre. Est-ce qu’on pourrait par exemple profiter de ce temps de l’été, pour venir puiser de la paix, de la paix intérieure dans des lieux de prière, ou encore en méditant les lectures de la Bible.

                Oui, c’est vrai, nous vivons souvent en dehors de nous-mêmes.

                Tout ce qui nous entoure, la société de consommation, tous les moyens de communication qui se développent de plus en plus, peuvent nous empêcher de prendre du temps pour penser notre vie.

                D’ailleurs, nous disons bien que nous n’avons pas le temps de nous arrêter, nous n’avons pas le temps de prier.    Nous courons après le temps. Nous passons sans cesse d’une activité à une autre. Même certains retraités avouent qu’ils ont moins de temps qu’avant.

                Pour redécouvrir une certaine paix, il n’y a pas d’autre solutions que de prendre du temps pour regarder, contempler, écouter même le silence.

                La paix intérieure c’est me retrouver, c’est retrouver la clef de ma maison intérieure.

                Avons-nous le courage de nous arrêter et de résister à l’activisme ?

                A la messe, nous nous asseyons, nous nous posons et nous sommes invités à revenir à une grande vérité : « La clef de mon existence n’est pas d’abord dans ce que je fais, mais dans ce que je suis. » Qui je suis en vérité ? Quel sens je donne à ma vie ? »

                L’essentiel n’est pas d’abord dans mes activités, mais dans ma personnalité, dans ma manière d’être.

                Jésus, à chaque messe, m’invite à faire le point sur ce que je suis.

                Comment cela est-il possible ? Hé bien, remarquer bien ce qui se passe au début de chaque célébration.

    Nous montrons que nous sommes chrétiens, amis de Jésus en traçant le signe de la croix sur nous, puis, le prêtre dit : « Le Seigneur soit avec vous. » Il ne dit pas : « Le Seigneur est avec vous. » Mais bien, le Seigneur soit avec vous : C’est-à-dire Dieu a le désir d’être avec nous, a le désir de nous dire : « Tel que tu es, avant même que tu fasses quelque chose ; tel que tu es, tu es unique et tu peux beaucoup apporter rien que par ta manière d’être. »

                Nous ne prenons pas toujours conscience que Dieu s’est fait Homme en Jésus, pour être en priorité avec nous et non pas pour faire des choses : être en priorité avec nous puis dans un deuxième temps agir avec nous.

                Est-ce qu’on prend le temps de prier avant d’agir ?

                Est-ce qu’on prend le temps de recevoir Jésus le Christ chez nous pour le laisser agir en nous, et ainsi le laisser nous redonner la paix, l’espérance ?

                En ce temps particulier de l’été, Jésus nous envoie redécouvrir la clef de notre maison intérieure : « Qui je suis, en vérité ?"

    Et ainsi, peut-être permettre à d’autres de retrouver leur propre identité à notre contact.

    Le besoin de se retrouver soi-même est de plus en plus ressenti. Mais, combien de personnes oseront prendre du temps pour « apprendre à être » avant de se lancer dans le « faire. »

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             Dans l'évangile de Luc, si bien construit, il y a quatre parties. D'abord, il y a les récits de l'enfance. Ensuite, une longue partie consacrée au ministère de Jésus en Galilée. Puis, avant d'aborder la quatrième partie consacrée à la Pâque du Seigneur, une troisième partie de cet évangile qui pourrait être intitulée la longue marche vers Jérusalem.

             C'est le début de cette longue marche que nous rapporte l'évangile de ce dimanche. Géographiquement parlant, on quitte la Galilée et on se dirige vers Jérusalem en traversant la Samarie. Mais le récit de Luc n'est pas un cours de géographie.

            C'est une catéchèse, par laquelle il nous invite à marcher avec Jésus vers la perspective finale, vers le moment où, comme lui, nous allons être « enlevés de ce monde ». Pas étonnant qu'à cette perspective, Jésus durcisse son visage (c'est le sens exact de l'expression en grec, malheureusement édulcorée par la traduction du lectionnaire : « il prit avec détermination la route… »). Imaginons plutôt le visage d'un coureur, ou de n'importe quel sportif en plein effort. Il y a de quoi « durcir son visage » : dans le cas de Jésus : le « salut du monde » passe par l'abaissement, les humiliations, la souffrance (et quelle souffrance !), et enfin la mort. Donc, nous allons marcher avec Jésus qui a un visage déterminé !

             Et le voilà qui s'adresse à nous pour nous donner un conseil important dans l’évangile de ce dimanche.

             Ce conseil important s'adresse à nous par l'intermédiaire des apôtres Jacques et Jean : « Attention, nous dit Jésus, pas de conquête du pouvoir ! » On traverse la Samarie et les Samaritains refusent d'accueillir Jésus et sa petite équipe. Jacques et Jean proposent à leur Maître de faire descendre le feu du ciel sur ce village. Alors que Jésus savait vers quel destin il marchait, ses disciples, eux, pensaient qu'on montait à Jérusalem pour prendre le pouvoir, pour une révolution qui allait tout balayer, et que le « Royaume » dont parlait Jésus s'instaurerait par la violence, à commencer par l'élimination physique de tous ceux qui s'y opposeraient. Jésus rappelle que le Règne de Dieu est au service de la vie de l'amour fraternel. Jésus n’est pas venu pour être servi mais pour servir !

             Sur le chemin vers Jérusalem, Jésus rencontre 3 hommes qui veulent le suivre. Comme il vient de donner le grand conseil du « service » à ses disciples, Jésus utilise 3 images pour expliquer ce qu’il souhaite.

             Le premier veut le suivre « partout où tu iras », mais, dans son esprit, ce « où » est un endroit où l'on va s'arrêter. Le Christ lui répond qu'il n'y a pas d'arrêt, pas de repos : C’est l’image du mouvement (servir c’est bouger, aller sans cesse vers les autres).

             Le deuxième, qui veut enterrer son père, veut lui donner une demeure, un séjour dans la mort. Le Christ lui dit de partir, de quitter le lieu de la mort et d'aller annoncer le « règne de Dieu » : C’est l’image de la Vie (voilà le beau des services à apporter).

             Quant au troisième, qui veut d'abord retourner chez lui pour y faire ses adieux, Jésus lui demande de ne pas regarder en arrière, vers le passé, qui est mort, mais de se tourner vers l'avenir : C’est l’image du regard tourné vers l’avenir avec espérance.

             Qu'est-ce que cela veut dire, pour chacun de nous ? Simplement qu'il faut bouger, marcher, aller de l'avant ? Le conseil du service et les 3 images sont source de libération ! C'est ce que fait saint Paul dans la seconde lecture (Galates 5, 1-18). Jésus le Christ veut nous libérer de tout ce qui s'oppose à l'amour, à la vie et à l'espérance. Par les exemples de l'enterrement du père et l'adieu aux gens de la maison, Jésus le Christ veut nous inviter, si nous voulons marcher avec lui, à nous libérer d'un certain nombre d'attaches qui nous empêchent d'avancer dans la foi.

             Vouloir suivre Jésus le Christ c’est choisir l'amour, la vie, l’espérance et c'est aussi, bien sûr, aimer ses proches, sa famille.

             Mais, nous dit-il, tous tes gestes de patience à l'égard des autres, tous les risques que tu prends dans l'existence, toutes les ruptures dans ta vie, qu'elles soient volontaires ou non, tout cela t'habitue à avancer, sans « regarder en arrière », vers le but fixé, et ainsi, à annoncer, par ta vie, que « le règne de Dieu est là ».

             De quelle foi je témoigne autour de moi ? : Une foi en Jésus qui ne bouge pas et je me contente de rester avec des personnes que je connais bien !? Ou bien est-ce que ma foi en Jésus, j’ose la vivre avec des inconnus ?

             Et si j’ose vivre la foi en Jésus Christ au milieu de personnes que je ne connais pas et qui ne me connaissent pas, c’est là que je construis le règne de Dieu !!! Croire en Jésus le Christ, c’est être toujours en mouvement, le mouvement du service de la Vie, et la Vie plus forte que tout. Croire en Jésus le Christ, c’est croire en l’avenir, vivre dans l’espérance plus forte que tout !

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    Vers le dimanche 23 Juin :

    Voici un enseignement vers le beau dimanche de « la Fête Dieu » appelée aussi Fête du Saint-Sacrement, Corpus Domini, Corpus Christi. Une fête qui affirme et honore la présence réelle de Jésus-Christ dans le pain et le vin consacrés pendant la messe.

    Tous mangèrent à leur faim. Il en resta douze paniers.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 11-17 :

      En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu, et guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. » Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. » Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. » Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

                Tous mangèrent à leur faim. Il en resta douze paniers.  La preuve qu’il y en avait assez, c’est qu’il en a resté beaucoup. Douze paniers ! Cela nous donne à penser qu’il y en a eu pour tout le monde et pour bien plus et pour longtemps après.

                C’est cela la grande merveille qu’il nous est donné d’accueillir à chaque messe. Avec le Seigneur Jésus, il y a de la nourriture pour tout le monde, tout le temps.  N’est-il pas venu pour que nous ayons la vie en abondance, en surabondance ?

                Il est lui-même « pain de vie » offert pour rassasier tout être humain d’une nourriture de sens, de lumière, d’amour dont nous avons besoin pour vivre, pour tenir dans l’espérance, pour avancer dans la vie, pour devenir comme lui des êtres bienveillants, d’amour, de compassion, de service.

                Jésus le Christ nous fait comprendre qu’il ne nous abandonnera jamais quand nous avons faim, quand nous sommes dans le désert, quand nos ressources diminuent.  Il est là. Il est toujours là.

                Cependant Jésus ne vient pas se substituer à nous dans nos solidarités, nos capacités de nous prendre en main pour assurer notre survie et celle des autres. Il appuie nos efforts, il sollicite notre part et notre bonne volonté. Il veut que nous soyons des gens responsables, artisans efficaces d’un partage équitable des ressources.  C’est avec « nos 5 pains et nos 2 poissons », nos pauvres ressources mises en commun qu’il choisit de faire quelque chose. Jésus les multiplie ; il y en a pour tout le monde ; et il y a des restes pour nous assurer que nous pourrons encore et toujours puiser dans tout ce qu’il nous donne.

                Cependant, comme le weekend synodal de la Pentecôte (8 et 9 juin 2019 à Orléans) nous l’a rappelé, il y a de moins en moins de personnes qui viennent à la messe ; et il y a aussi chaque année une diminution du nombre de baptêmes, de mariages, de demandes de sacrements.

                Jésus le Christ serait-il en panne de multiplication de nos « 5 pains et 2 poissons » ? Non, bien sûr que non !!! Il demeure présent au cœur de nos vies. Il est toujours là. Toutes les formes existantes de sa présence nous soutiennent et nous donnent courage : en premier sa présence réelle à chaque Eucharistie qui fait de nous, quand nous communions, « des tabernacles vivants », des porteurs de sa présence au monde, à nos contemporains.

                Chaque messe, chaque communion au Corps du Christ témoigne qu’il utilise le pain que nous apportons (notre vie, nous-mêmes) pour s’offrir à nous, pour être présent en nous et aux autres à travers nous ; et il reste des hosties dans le tabernacle pour demeurer toujours au milieu de nous comme une réserve à laquelle nous pourrons toujours puiser la foi, l’espérance et l’amour dont nous avons tant besoin.

                Le pape François nous éclaire en disant :

                « Que de mamans, que de papas, avec le pain quotidien, coupé sur la table de la maison, ont rompu leur cœur pour faire grandir leurs enfants, et les faire bien grandir ! »

                « Que de chrétiens, comme citoyens responsables, ont rompu leur propre vie pour défendre la dignité de tous, spécialement des plus pauvres, des exclus et des discriminés ! »

                « Où trouvent-ils la force pour faire tout cela ? Justement dans l’Eucharistie : dans la puissance d’amour du Seigneur ressuscité, qui aujourd’hui aussi rompt le pain pour nous et répète : « Faites cela en mémoire de moi » (1Co 11, 24.25). »

                « Faites cela ». C’est-à-dire prenez le pain, rendez grâce et rompez-le ; prenez le vin, rendez grâce et distribuez-le. Nous venons de l’entendre dans l’Évangile. Devant les foules fatiguées et affamées, Jésus dit aux disciples : « Donnez-leur vous- mêmes à manger ». Jésus bénit et rompt les pains et les poissons jusqu’à rassasier toutes les personnes rassemblées, mais les 5 pains et les 2 poissons ont été offerts par les disciples, et Jésus voulait précisément ceci : qu’au lieu de congédier la foule, ils mettent à sa disposition le peu qu’ils avaient. Et ensuite, les morceaux de pain et de poissons, rompus par les mains du Christ, passent dans les pauvres mains des disciples, qui les distribuent à la foule. Les disciples deviennent missionnaires !!!

                Et en devenant missionnaires ils sont encore plus disciples de Jésus car être missionnaires : C’est “faire” avec Jésus, c’est “donner à manger” avec Lui.

                Il est clair que la multiplication des 5 pains et des 2 poissons ne veut pas seulement rassasier la faim d’un jour, mais elle est signe de ce que le Christ entend accomplir pour le salut de toute l’humanité en donnant son Corps et son Sang (cf. Jn 6, 48-58).

                Et, comme le synode du diocèse d’Orléans nous le rappelle, à la suite de l’Evangile, le Christ n’agit jamais sans nous, sans ses amis, ses disciples. Nous offrons le peu de pains et de poissons que nous avons, le Christ les multiplie, nous les recevons des mains de Jésus et nous les distribuons à tous.

                « La fête Dieu », « la fête du Saint Sacrement », « la fête de l’Eucharistie, de la messe » c’est un geste pour faire mémoire du Christ ; un geste pour donner avec le Christ à manger à la foule d’aujourd’hui ; un geste pour rompre notre foi et notre vie comme signe de l’amour du Christ pour chacun et pour le monde entier.

    Question pour un partage :

                Voici les phrases écrites par les délégués synodaux des paroisses du Loiret dans l’atelier « Eucharistie missionnaire » et proposées à notre évêque pour qu’il promulgue une orientation synodale sur la messe le 1er octobre prochain. Parmi les 3, quelle est la phrase qui me parle le plus et pourquoi ?

    L'Eucharistie dominicale missionnaire

    Nous voulons que l’Eucharistie soit un signe parlant pour nos contemporains. Nous voulons encourager les paroisses à INNOVER. Nous voulons sortir de nos entre-soi et devenir des communautés plus ouvertes et accueillantes.

    Les 2 suivantes

    1. Accueillir très activement les fidèles avant et après la liturgie pour une messe qui prend son temps et qui donne la force du Christ pour oser inviter des amis, des voisins… à la découvrir.
    2. Nous désirons une liturgie belle, solennelle et nourrissante, favorisant une communion personnelle et communautaire plus profonde avec le Christ, nous aidant à en rayonner.
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