• Homélie 5è Dimanche Temps Ordinaire

     Homélie 5è Dimanche Temps Ordinaire

    « Avance au large. »

    Le 10 février c'est le dimanche de la santé : journée de prière pour les malades, les personnes âgées, isolées, pour les familles « aidantes », les soignants, les paroissiens visiteurs, porteurs de la Communion. Face à la souffrance, nous nous retrouvons souvent avec nos filets vides, le cœur lourd. Lorsque cela nous arrive, le Seigneur nous demande d’avancer au large. C’est-à-dire, de grandir dans la foi et ne jamais désespérer.

     

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Luc 5, 1-11)

    En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

                Pour comprendre cet évangile, il faut se rappeler que dans le monde de la Bible, la mer c'est le symbole des puissances du mal ; elle engloutit les navires et personne ne peut la maîtriser. Mais Jésus annonce la bonne nouvelle de Dieu plein d'amour et de miséricorde. Lui-même est venu chercher et sauver tous ceux qui se sentent perdus.

                Et pour cette mission, Jésus Christ n'a pas voulu être seul. La grande aventure a commencé avec des pêcheurs du lac de Galilée. Jésus monte dans la barque de Simon (qui sera appelé Pierre au moment où Jésus choisira ses 12 apôtres : Luc 6,13) et s'éloigne du rivage pour enseigner la foule. Pour Simon - Pierre et ses amis, la barque c'est leur lieu de travail et de vie. C'est là qu'ils passent la plus grande partie de leur temps.

                Aujourd'hui encore, Jésus Christ monte dans ma barque ; il s'invite sur mon lieu de travail, dans ma maison, là où je vis. C'est dans mon quotidien qu'il me rencontre et m'enseigne.

                Prier c'est précisément accueillir Jésus dans ma vie, c'est prendre le temps de l'écouter depuis le cœur de mes activités.
                Cette rencontre de Jésus avec Pierre a été marquée par un événement bouleversant : Jésus lui dit : « Avance au large » et lui demande de jeter les filets pour prendre du poisson.

                Malgré l'échec de la nuit, Pierre et ses compagnons font confiance à Jésus.

                Le résultat est tellement extraordinaire qu'ils sont saisis d'effroi : « Éloigne-toi de moi, dit Pierre, je suis un homme pécheur. » Mais Jésus le rassure : « Je ferai de toi un pêcheur d'hommes. »

                Cette parole de Jésus Christ vaut aussi pour nous.

                Être pêcheur d'hommes ce n'est pas les capturer mais les libérer de leurs chaînes et de tout ce qui tend à les engloutir. Jésus Christ veut nous ramener tous à la vraie vie.

                Dès ce moment, Pierre entre dans une démarche de foi en Jésus. Il le reconnait comme le Christ, le guide et l’enseignant de nouveaux chemins. L’exceptionnel est là : La pêche est miraculeuse !

                Pierre réalise la toute-puissance de Jésus et commence à comprendre qu’il est vraiment le Christ, l’Envoyé de Dieu. Celui qui guérit les aveugles et les conduit à la lumière. Pierre saisit de plus en plus que Jésus est vraiment le consacré et que l’Esprit du Seigneur est sur lui.

                Toute son expérience humaine venait d’être bouleversée en un instant. Il découvre ce qui le sépare de Jésus. Il vit l’immense fossé entre l’Homme et Dieu : la petitesse de l’Homme et la grandeur de Dieu, l’imperfection de l’Homme et la perfection de Dieu, l’impureté de l’acte humain et la pureté de l’acte divin. Pierre se rappelle que l’Homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Pierre vient d’être illuminé et dit à Jésus : « Seigneur éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » Il a peur de perdre cette relation avec le Seigneur (C’est cela la crainte biblique). Jésus le rassure et lui dit : « Sois sans crainte. » Et en plus Jésus le Christ lui donne sa confiance et l’appelle à devenir un disciple missionnaire : « Désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

                Jésus le Christ nous dit : « Avance au large ! » Au cœur du synode diocésain, laissons-nous toucher par l’appel du Seigneur ! Pour ce faire, acceptons que Jésus le Christ nous bouscule. Lorsque nous lisons, aujourd’hui, la demande de Jésus à Pierre de partir au large alors qu’il revient de la pêche, c’est comme s’il nous demandait de refaire ce que nous avons déjà fait. Autrement dit, avec persévérance, il faut continuer à aller plus loin. Et pour jeter, aujourd’hui encore, nos filets, il est fondamental de repartir de Jésus Christ. C’est l’objectif du synode : redécouvrons les fondamentaux de notre foi chrétienne : Qui est Jésus ? Qu’est-ce que l’Eglise ? Qu’est-ce que la Bonne Nouvelle ? Suis-je un disciple missionnaire, enraciné, fraternel ? Quelles priorités missionnaires voulons-nous nous donner dans les 10 années qui viennent pour nos paroisses et pour notre diocèse ? ...

                Le dimanche 10 février est le dimanche de la santé, l’Église rappelle son soutien aux malades, à tous ceux et celles qui font vivre les aumôneries d’hôpitaux et de maisons de retraite. Et n’oublions pas tous ceux qui, au nom de l’Église, visitent les malades, les personnes âgées, et parfois leur portent la communion. Manifestons aussi notre reconnaissance aux professionnels de la santé qui, avec confiance et passion, se tiennent aux côtés de ceux qui souffrent et donnent le meilleur d’eux-mêmes pour apporter de l’espoir et du réconfort. Face à la maladie, face à la souffrance, nous nous retrouvons souvent avec nos filets vides, le cœur lourd à cause de notre impuissance.

                À tous, aujourd’hui, le Seigneur demande d’avancer au large. C’est-à-dire, de grandir dans la foi et ne jamais désespérer. Ainsi, tous, malades et bien portants, professionnels de la santé et tous les chrétiens engagés au nom de leur foi, dépassons nos peurs : jetons nos filets en avançant au large. Amen.

    A VIVRE DANS LA SEMAINE

    - Et si cette semaine, je prenais le temps de visiter une personne que je sais isolée et qui serait contente de partager un moment avec moi.

    Partager via Gmail Yahoo!

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :