• Homélie du 3è dimanche de Pâques

    Homélie :

                Nous venons d’entendre le célèbre Evangile des pèlerins d’Emmaüs. Emmaüs est un petit village à côté de Jérusalem et l’action se passe le soir du dimanche de Pâques après la découverte du tombeau vide de Jésus.

                Quand on pense à ces habitants d’Emmaüs qui retournent chez eux sans bien comprendre ce qui s’est passé pour Jésus qui était mort et qui serait à nouveau vivant, on peut penser à nous-mêmes.

                Emmaüs, c’est finalement partout où nous marchons avec Jésus sans le savoir.

                Emmaüs, c’est partout où se produit la rencontre avec Jésus le Christ vivant.

                Mais comment se produit cette rencontre avec Jésus ressuscité ?

                L’évangile de ce 3è dimanche après Pâques nous parle de deux moyens indispensables : l’Ecriture (la Bible) et le partage du pain.

                L’Ecriture (la Bible) : premier moyen pour reconnaître Jésus dans nos vies, dans toute vie humaine, un jour ou l’autre, il nous arrive des déceptions, des échecs, des situations douloureuses. Jésus est là !

                Dans ces situations si lourdes à porter. Jésus marche avec nous, au coeur de nos fragilités et de nos désespoirs. Laissons­nous regarder par le Christ.

                Les deux marcheurs d’Emmaüs savaient tout sur Jésus, depuis sa naissance à Bethléem, sa vie à Nazareth, ses nombreux déplacements de villages en villages, jusqu’à la découverte par les femmes de son tombeau vide. Ils savaient même qu’un messager du ciel a dit que Jésus est vivant. Que manquait ­il pour qu’ils le reconnaissent, pour que leurs coeurs deviennent « brûlants » ?

                La foi !

                Et Jésus leur dit d’abord : «Que vos cœurs sont lents à croire!».

                Et puis, sur les événements de sa vie et de sa passion, il projette la lumière des Ecritures (de la Bible). L’Ancien Testament éclaire le Nouveau, la Bible introduit à l’Evangile.

                C’est la fréquentation de la Parole, lue, écoutée, partagée, assimilée comme une nourriture qui éclaire, fortifie et rend l’espérance. Nous avons à lire et à relire, souvent la Bible, pour voir clair dans nos vies, dans nos déceptions, nos échecs et nos découragements. Souvent, nous avons à progresser dans une connaissance plus profonde et plus intime de Jésus.

                Pourtant, la Bible n’est qu’une première étape.        L’enseignement de Jésus ne leur a pas encore ouvert les yeux. Il y a un pas supplémentaire à franchir.

                La fraction du pain : deuxième moyen de reconnaître Jésus Que faut ­il donc ? Une certaine ouverture du coeur : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse.»

                Et puis c’est seulement, pendant le repas, quand Jésus « dit la bénédiction », que leurs yeux s’ouvrent totalement. Le récit devient liturgie et l’invité prend le rôle de celui qui invite : « Il prend le pain, prononce la bénédiction, rompt le pain et le leur donne .» On ne peut rencontrer pleinement Jésus aujourd’hui vivant , qu’en recevant le Pain que Jésus veut rompre dans l’Eucharistie.

                Après la « liturgie de la Parole », il y a la « liturgie de la Table » pour rencontrer Jésus ressuscité.

                On rencontre Jésus en rejoignant l’assemblée des baptisés que nous formons à chaque messe. On rencontre Jésus le Christ ressuscité en participant à la messe, le repas offert par Jésus le Christ.

        Les disciples d’Emmaüs ont partagé le repas avec Jésus ressuscité : Et au moment où ils reconnaissent Jésus, celui-ci disparaît à leurs regards.    Présence et absence, n’est-ce pas le sens de toute notre vie. Même lorsque nous pouvons voir, entendre, toucher ceux que nous aimons, il y a toujours une part mystérieuse qui nous échappe.

                Dans la vie il y a toujours de l’invisible.

                Heureux sommes-nous si nous devenons capables de percevoir l’invisible.

                Dans le livre, le «Petit Prince» de Saint-Exupery, le renard a cette parole si juste : «L’essentiel est invisible pour les yeux».

                C’est ce que les deux disciples d’Emmaüs ont découvert.

                C’est ce que nous pouvons découvrir  à travers l’invisible de la messe, de l’Eucharistie que nous célébrons.

                Le Seigneur Jésus Christ, notre compagnon de route, souhaite rester avec nous si nous l’invitons à la table de notre vie. « Reste avec nous, Seigneur Jésus ».

                Il n’est pas en son pouvoir de nous éviter les souffrances et les malheurs qui jalonnent plus ou moins notre vie.

                Jésus Christ désire ardemment partager ce que nous vivons et faire entrer dans les divers événements de notre vie la puissance de son espérance et de sa résurrection.

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