• Homélie de la messe de la Sainte Famille

               Homélie de la messe de la Sainte Famille :

                Il est des dimanches où la Parole de Dieu nous semble sinon plus directe, plus accessible.

                Avant même qu’on ait besoin d’entendre l'homélie ou de méditer la Parole reçue, il est probable que chacun d’entre nous ait déjà retenu une phrase qui lui semble plus importante que d’autres.

                Ainsi, certains auront peut-être retenu cette phrase : «femmes, soyez soumises à vos maris», tandis que d’autres ont gardé en mémoire : «et vous les hommes, (…) ne soyez pas désagréables» avec vos femmes. Et saint Paul n’oublie pas les enfants : «Et vous les enfants écoutez vos parents».

                S’il est incontestable que la Parole de Dieu parle à chacun d’une façon originale ; il est tout aussi certain que nous avons tous à la lire entièrement avec application. Commençons donc par la première lecture de ce dimanche, écoutons ce que nous enseigne Ben Sirac le Sage.

                Les conseils qu’il donne ont pour but de fortifier les familles. Ils sont fondés sur la miséricorde : honorer son père pour obtenir le pardon de ses propres fautes, être miséricordieux envers son père pour obtenir le relèvement de son propre péché. Or le pardon des péchés nous vient de Dieu. Pour l’obtenir, il nous faut alors découvrir, avec l'aide de la foi, que nous sommes "enfants de Dieu". Autrement dit, pour se comporter en enfants de Dieu et recevoir de Dieu la grâce de la réconciliation, il faut alors, l’avoir appris au sein de la cellule familiale.

                La justesse de notre relation à Dieu est liée à la justesse de notre relation à nos parents. Et il en va des pères comme des fils. Le Sage dit en effet : « le Seigneur glorifie le père dans ses enfants ». L’orientation fondamentale de toute relation familiale et l’objet de toute éducation est donc en Dieu. Et si Dieu renforce l’autorité de la mère sur ses fils, celle-ci trouve sa joie dans l’obéissance de ses fils au Seigneur.

                Dans la deuxième lecture, saint Paul approfondit cette approche : il convient, particulièrement entre membres d’une même famille, de se supporter les uns les autres. « Se supporter » dans tous les sens du terme ; c'est-à-dire faire preuve « d’humilité, de douceur, de patience » et apporter son soutien actif avec miséricorde, « supportez-vous mutuellement et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire ». Ces considérations sont assez proches de celles formulées par Ben Sirac, mais deux arguments nouveaux amplifient la perspective : Dieu en personne est le modèle des relations familiales (« agissez comme le Seigneur : il vous a pardonnés, faites de même ») et l’exercice du pardon est le fondement nécessaire à une relation d’amour authentique (« par-dessus tout cela qu’il y ait l’amour »).


                Ainsi abordons-nous l’évangile, qui nous place au cœur d’un nouvel épisode de la vie de la Sainte Famille, celui que l’on appelle « la fuite en Égypte ». Il témoigne que la vie de la Sainte Famille n’a pas été de tout repos.

                D’abord Marie et Joseph ont fondé une famille sur le don de Dieu ; là est l’enseignement le plus précieux. Quand on reçoit un don de la part de Dieu, il ne faut pas le mettre en doute mais se donner à lui afin de se donner soi-même à travers lui. Ainsi Marie et Joseph se donnent à Jésus, totalement et gratuitement, c'est-à-dire sans calcul, par pur amour. Et, leurs relations sont fondées sur ce don total de soi au service du projet de Dieu. 

                En Jésus, qui accomplit en toutes choses de sa vie les prophéties de l’Ancien Testament, nous contemplons l’humanité nouvelle que Dieu nous donne afin de nous rétablir à son image. Voici celui qui est sauvé de la mort en Égypte, voici le nouveau Moïse, qui vient à nous par une famille et une sainte famille.

                Ainsi, fêter la Sainte Famille est évidemment une façon de refaire le choix de nous mettre à son école. Pour cela, les préceptes bibliques des lectures de ce jour nous font méditer comment nous avons à vivre la charité dans la miséricorde. En outre, l’effacement et l’obéissance de saint Joseph dans l’évangile, nous disent combien une vie de famille accomplie est une mise à disposition de soi pour la réalisation du projet de Dieu sur ceux qui nous sont confiés.

               Dans la Sainte Famille, Jésus le Christ est celui qui est venu nous rassembler pour que nous formions la famille des enfants de Dieu.

                Notre responsabilité dépasse donc les frontières du strict noyau familial. Les relations qui unissent Jésus, Marie et Joseph, les dispositions de leurs cœurs, doivent être imitées pour toute relation humaine car notre Père des Cieux aime chacun de ses enfants et ne veut en perdre aucun.   

                Qu’en renouvelant notre façon de vivre en famille (famille de naissance avec nos proches et famille de baptême avec les paroissiens) nous donnions au monde le témoignage de l’amour véritable, celui qui invite chaque personne à redécouvrir sa dignité en Jésus-Christ, sa qualité d’enfant bien-aimé de Dieu.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    Tags Tags : , , , ,