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               Comme chaque année à l’approche du dernier dimanche de l’année liturgique (fête du Christ-Roi : dimanche 24 novembre), les textes de la Parole de Dieu du dimanche 17 novembre (dont surtout l’évangile) nous placent face à des situations catastrophiques qui nous font penser à la fin des temps. Et Jésus nous invite à la persévérance !

    « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : Luc 21, 5-19 :

        En ce temps-là, comme certains disciples de Jésus parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel.

        Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

                « Les disciples demandèrent à Jésus : Maître, quand cela arrivera-t-il ? » La fin de l’année liturgique aborde toujours la question de la fin des temps. Alors, comment Jésus a-t-il répondu à cette question dans l’évangile du 17 novembre ?

                La réponse de Jésus à ses disciples est aussi valable pour nous aujourd’hui, et peut être résumée ainsi : La fin des temps c’est ici et maintenant ! Nous sommes donc dans la fin des temps depuis 2019 années !

                Ce que Jésus nous explique, c’est que la fin des temps est à comprendre de manière diachronique, c’est-à-dire que la fin des temps dure dans le temps, et qu’elle n’est pas à comprendre de manière synchronique, c’est-à-dire de manière événementielle.

                En fait, les paroles que prononce Jésus annonçant les catastrophes naturelles, les persécutions, préparaient les disciples à l’événement de sa Passion et de sa Résurrection. Souvenez-vous, le tremblement de terre, l’obscurité à 3 heures de l’après-midi, le rideau du Temple se déchirant à la mort de Jésus, puis, les arrestations, les persécutions contre les disciples…Ces signes annoncent la fin des temps.

                Depuis la mort de Jésus et sa Résurrection, nous sommes entrés dans la fin des temps. La force de la Résurrection est présente dans le monde et dans le cœur des baptisés. Elle affronte les forces du mal et les forces négatives de notre monde. Nous sommes dans l’attente de la Parousie : L’attente du retour de Jésus Christ en gloire. Notre manière de prier, notre liturgie, est marquée par cette attente du retour de Jésus Christ en gloire. Ainsi pendant la messe nous chantons l’Anamnèse après la Consécration : « Nous proclamons ta mort Seigneur Jésus, nous célébrons ta Résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. » Et après la prière du Notre-Père le prêtre dit : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps. Par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ notre Sauveur. » La temporalité de la fin des temps dure depuis la Passion de Jésus jusqu’à la Parousie. Nous sommes dedans et la liturgie nous rappelle que nous attendons l’avènement du retour de Jésus Christ.

                « Jésus répondit : … ce ne sera pas aussitôt la fin. » Il y a une manière évangélique de comprendre le mot « fin ». En effet, le mot fin signifie à la fois le terme, mais aussi le but, la finalité. La fin des temps, la fin du monde que nous connaissons, notre propre fin individuelle, a aussi une signification de but, de finalité, de projet, de dessein. Tout s’achèvera en Dieu.

                Deux éléments sont importants dans la réponse de Jésus :

    - Premièrement, Jésus met en garde ses disciples et nous-mêmes aujourd’hui, sur tous ceux qui s’improvisent et s’improviseront prophètes de la fin des temps : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Le sujet de la fin des temps a toujours été utilisé par des sectes et des courants religieux pour faire peur et embrigader des personnes fragiles sans repères solides. Alors, utilisons notre intelligence et notre foi ! Voici une de mes citations préférées de Saint Anselme de Cantorbéry (XIème siècle) : « Fides quaerens intellectum (la foi qui cherche l’intelligence) ». Ne nous laissons pas manipuler et si cela est possible, aidons ceux qui tombent dans le piège des sectes ! 

    - Deuxièmement, Jésus nous fait comprendre qu’au travers des événements tragiques, une autre réalité est en train de voir le jour, de venir au monde : Notre temporalité est en train d’enfanter une nouvelle création. Cet enfantement est le fruit de la force de la Résurrection qui anime notre monde. Et le regard humain ne risque de voir seulement que des catastrophes, quand le regard de foi perçoit au-delà des catastrophes, des tragédies, la réalité nouvelle que Dieu fait venir au monde. L’avènement de cette nouvelle réalité n’est accessible que par la foi. « Jésus ajouta : … Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. (…) Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

                Alors, nous qui sommes dans cette temporalité de la fin des temps, nous qui vivons de manière aiguë ce que Jésus annonce : « On portera la main sur vous et on vous persécutera. (…) Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous à cause de mon Nom. ». Nous qui vivons ces réalités, nous sommes invités à les vivre dans la foi et avec la certitude qu’au travers de ces événements le règne de Dieu est en train d’advenir.

                Jésus nous donne les clés pour comprendre et pour vivre notre temporalité. En ces temps particuliers, perturbés, ne perdons pas de vue que c’est notre manière de vivre, c’est notre sérénité devant les événements du monde, c’est notre paix qui peut constituer un appel pour tous ceux que nous rencontrons, parfois déboussolés ou perdus, à s’interroger sur la foi et leur donner envie de connaître Jésus. Amen !

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  •  Homélie 32è dimanche ordinaire

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Accueil : Dieu est le Seigneur de la Vie et de la Vie pour toujours.

    Et pourtant, en cette veille du 11 novembre, nous avons une pensée pour toutes les victimes des guerres. Nous pensons à tous ceux qui sont morts à cause des conflits et en particulier à cause de la guerre 14-18.

    Dieu est le Seigneur de la Vie et de la Vie pour toujours, au delà de la mort : c’est la foi des croyants, des chrétiens que nous allons célébrée dans cette messe, cette Eucharistie.

    Homélie à partir de l'évangile selon saint Luc ( Luc 20, 27-38) :

    Pour tous, croyants ou non, la mort est le scandale de l’existence, le scandale de la vie.

    Face à sa propre mort ou à celle de l’autre, nous sommes saisi d’angoisse, de souffrance. Car la mort signifie qu’il y a un jour une fin.

    C’est un sujet qu’on n’aime pas aborder. Et pourtant, pour aimer la vie, et toute la vie dans tous ses aspects, il faut accepter la mort.

    Le Christ, Jésus, notre Seigneur, incarne en lui-même que la vie peut vaincre la mort.

    La foi des chrétiens ne nous cache rien sur la dureté de la mort. Etre chrétiens, ce n’est pas vouloir anesthésier la mort.

    Etre chrétien, c’est croire en la résurrection, en la Vie éternelle qui nous est promise auprès de Dieu.

    Dans la foi, il y a cette espérance qui combat le désespoir et la révolte légitimes.

    Toute notre personne est promise à l’avenir, un avenir de plénitude, de communion éternelle avec le Seigneur.

                Dans la foi en Jésus-Christ mort et ressuscité, la mort est un passage qui marque la fin d’une vie sur terre et le commencement d’une vie avec le Seigneur.

           Dans l’Evangile de ce dimanche, la controverse entre Jésus et les sadducéens, concerne la résurrection, puisque les sadducéens ne croient pas en la résurrection. Cela ne ressemble-t-il pas à l'opinion de beaucoup de personnes aujourd’hui ?

    Aujourd’hui, il y a toujours des personnes pour penser que notre vie actuelle est tout ce qui existe, qu'il n'y a rien d'autre après.

    Mais, si nous ne pouvons plus voir nos proches avec nos yeux après leur mort, cela ne veut pas dire qu’ils ont cessé d'exister.

    Croire en la résurrection, c'est croire que notre Dieu est le Dieu de Vie, et de la Vie pour toujours avec Lui, au delà de la mort.

    La résurrection n'est pas un à-côté de notre foi en Dieu et au Christ. Elle est au centre même de la foi chrétienne et donc de notre espérance.

    Il n'est pas rare dans les évangiles, de voir Jésus nous parler de la réalité de la Vie auprès de Dieu, dans son Royaume comme étant un grand banquet, un festin, un repas de noces où tout le monde mange à sa faim.

    Il utilise des images parce que les mots nous manquent pour décrire cette réalité éternelle, après la mort.

    N'est-ce pas frustrant de ne pas pouvoir comprendre cette réalité qui nous dépasse ?

           N'en est-il pas ainsi pour toutes les étapes de notre vie? Il y a bien des choses qui nous dépassent dans notre vie d'homme et de femme...

    Pour nous aider à nous réconcilier avec cette réalité du Royaume de Dieu qui nous attend tous, et qui nous dépasse, je vous invite à regarder chacun notre cheminement de vie personnelle.

    On a beau parler de la résurrection, mais ça ne va pas de soi.

    Si je ne la fais pas atterrir dans ma vie de tous les jours, cela ne veut rien dire !

    En effet, dans le quotidien, il est possible de vivre des petites résurrections.

    Voici « la prière pour la paix » du père Pierre Guilbert qui nous redit que la paix se construit en vivant de petites résurrections.

    Si tu crois qu'un sourire est plus fort qu'une arme,
    Si tu crois à la puissance d'une main offerte,
    Si tu crois que ce qui rassemble les hommes est plus important que ce qui les divise,
    Si tu crois qu'être différent est une richesse et non un danger,
    Si tu sais regarder l'autre avec un brin d'amour,
    Si tu sais préférer l'espérance au soupçon,
    Si tu estimes que c'est à toi de faire le premier pas plutôt qu'à l'autre,
    Si le regard d'un enfant parvient à désarmer ton coeur,
    Si tu peux te réjouir de la joie de ton voisin,
    Si pour toi l'étranger est un frère qui t'es proposé,
    Si tu sais donner gratuitement un peu de temps par amour,
    Si tu sais accepter qu'un autre te rende service,
    Si tu partages ton pain et que tu saches y joindre un morceau de ton coeur,
    Si tu crois qu'un pardon va plus loin qu'une vengeance,
    Si tu sais chanter le bonheur des autres et danser leur allégresse,
    Si tu sais accepter la critique et en faire ton profit sans la renvoyer et te défendre,
    Si pour toi l'autre est d'abord un frère,
    Si la colère est pour toi une faiblesse, non une preuve de force,
    Si tu préfères être lésé que de faire tort à quelqu'un,
    Si tu crois que l'amour est la seule force de dissuasion,
    Si tu crois que la paix est possible,
                                Alors la paix viendra !

    Au fond, la question fondamentale que nous devons nous poser, n'est pas de savoir si nous allons aller au ciel un jour, mais plutôt :

    - Est-ce que ma vie d'aujourd'hui a le goût du ciel ? Est-ce que je suis porteur d'espérance et de paix ?

    - Est-ce que je donne la vie autour de moi par mes paroles et mes attitudes ?

    - Suis-je un être de résurrection, un artisan de paix ?

    Durant cette Eucharistie, demandons au Seigneur d'ouvrir notre cœur à sa présence. Ainsi, nous serons des êtres de résurrection et de paix, c'est la grâce que je souhaite à chacun de nous.

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  •             Le dimanche 3 novembre est un dimanche particulier situé après la Toussaint et la messe de prière pour les défunts Alors je vous propose un enseignement sur l’aujourd’hui de l’évangile et notamment sur l’aujourd’hui du regard de Jésus posé sur chacun de nous.

    Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite :

    aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : Luc 19, 1-10 :

                En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit. Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.

                Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »

                Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

                L’aujourd’hui de l’évangile c’est aussi notre aujourd’hui, notre présent. Car Zachée est de tous les temps. Pas besoin d’amasser des fortunes pour ressembler à Zachée le publicain. Tant de raisons aujourd’hui peuvent nous conduire, parfois malgré nous, à nous enfermer dans la solitude : La peur des autres, la méfiance excessive, le repli sur la vie privée, le refus des relations, le goût pour le confort matériel, la consommation ou l’activité à outrance. Combien de personnes aujourd’hui, chez nous, perdues dans la foule, sont en mal de relations plus vraies, plus humaines ? Combien, et nous en sommes peut-être, guettent un autre regard qui pourrait les libérer ? Si nous pouvions, grâce à Jésus et à l’évangile, briser un peu de nos solitudes. Un simple geste, un simple mot, un regard posé, une rencontre même courte… cela suffit.

                L’histoire de Zachée nous redit à quel point Jésus Christ veut nous sauver aujourd’hui encore. Car il vient le Ressuscité, demeurer chez nous. Il vient restaurer en nous le goût de la relation à Dieu et à nos frères et sœurs en humanité. S’il nous arrive, comme Zachée, d’être perdus, incapables de trouver Dieu et de vivre en fraternité, croyons-le : Jésus le Christ nous sauve et nous réconcilie.

                Il vient demeurer chez nous par sa Parole, par ses sacrements (notamment le Pardon, l’Eucharistie…) par tous ceux et celles qu’il met sur notre chemin. Il vient nous rencontrer et nous redonner la confiance, la paix, la joie de nous ouvrir à Dieu et à nos frères et sœurs.

                Jésus lève les yeux sur chacun et chacune d’entre nous et nous dit : « Descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi, dans la maison de ton cœur. »

                Un simple regard et voilà qu’un homme, une femme, un jeune ou un enfant peut se libérer de ses drames intérieurs pour marcher à nouveau librement sur le chemin de sa propre vie. Un simple regard comme celui posé par Jésus sur la personne de Zachée. Dieu fait Homme en Jésus Christ choisi de parler avec ses yeux.

                Il pose son regard sur celui qui cherchait aussi à le voir. Nous assistons à une rencontre de deux regards, l’un humain et l’autre divin. Et à notre tour, nous sommes conviés à nous interroger sur nos propres manières de nous regarder les uns les autres. Il est essentiel de le savoir car tous nos regards dévoilent quelque chose de la personne, de l’être que nous sommes.

                Un simple regard plein de douceur, de bienveillance réchauffe le cœur et s’inscrit dans la mémoire. Il suffit également d’un simple regard pour dire toute la complicité entre deux êtres ou encore pour exprimer de la compréhension, voire de la compassion à ce qui se vit ou à ce qui vient d’être dit.

                Un simple regard de confiance et tant de choses se partagent sans qu’aucun mot ne soit prononcé. Nos yeux, à l’image et la ressemblance des yeux de Jésus, sont capables de parler tout simplement, tout tendrement.             Oui, de tels regards nous font grandir en humanité. Et même plus, ils sont nécessaires à notre croissance, à notre devenir car ils nous façonnent et nous ouvrent de la sorte le regard vers la présence de Dieu en nous, vers un horizon de foi, de paix, d’espérance intérieure.

                Un regard n’est donc jamais neutre. Un regard aimant rend une personne aimée. Il est d’une certaine manière le miroir de notre âme offerte à la contemplation de tous ceux et celles qui nous regardent. Il est cette offrande infinie que nous cherchons à déchiffrer chez l’autre afin de pouvoir entamer une relation à vivre en vérité.

                Cependant, n’oublions jamais que le tréfonds de notre âme n’est offert qu’au regard bienveillant de Dieu. Lui et lui seul peut nous connaître dans le plus intime de notre cœur. Il y a en chacun et chacune de nous un jardin secret où seul Dieu peut venir se promener. Il y a en nous une part de mystère qui nous dépasse et auquel seul le Seigneur peut accéder. Elle contient toutes les potentialités de ce que nous sommes appelés à devenir un jour. Trop souvent, nous voyons chez les autres leurs imperfections, leurs manquements et nous nous arrêtons à ces premières impressions. Nous portons un regard humain qui juge et nous nous enfermons dans celui-ci.

                Il en va tout autrement pour Dieu d’après l’évangile de ce dimanche 3 novembre. Sans pour autant fermer les yeux sur nos manques d’amour, de foi, (nos péchés) Dieu pose sur nous un regard de bienveillance et de miséricorde pour que nous puissions nous convertir, c’est-à-dire revenir à Lui et vivre ajustés à ce qu’Il attend de nous. Le regard divin ne nous enferme jamais lorsque nous trébuchons. Il nous reprend à notre rythme, il nous relève pour que nous nous détournions de ce qui nous empêche de devenir nous-mêmes. Jésus Christ, Dieu fait Homme, voit en chacun et chacune de nous ce saint, cette sainte qui sommeille et toute cette lumière que nous sommes appelés à découvrir, à devenir.

                Comme pour Zachée, Jésus Christ pose aujourd’hui encore sur nous un regard bienveillant de compassion et de miséricorde. Un regard nous appelant à exister en inscrivant notre vie en Dieu ; et, alors, nous l’écrirons avec l’encre de l’Esprit Saint. Cette encre indélébile nous conduit à ne poser que des actes d’Amour révélant ainsi la divinité existant au cœur de notre humanité. Puissions-nous alors, à notre tour, apprendre à nous regarder les uns les autres avec les yeux de Dieu. Amen

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  •       Pour beaucoup de personnes, la Toussaint évoque simplement un ciel souvent gris, le temps des feuilles mortes, les cimetières remplis de monde, les tombes ornées de chrysanthèmes, où les gens viennent se recueillir et prier pour leurs défunts.

          Pour les croyants? La Toussaint est un grand jour de fête. On honore les saints et saintes que nous connaissons comme Pierre, Joseph, Catherine, François, Claire, Paul, Marie, Augustin, Agnès, Camille…

          On honore aussi tous les saints et saintes ignorés, inconnus.

          Nous vénérons ainsi en ce jour toutes les personnes qui n'ont pas été canonisées et qui n'ont pas leur statue ou leur vitrail dans une église, celles qui n'ont pas fait de miracles ou de choses extraordinaires. La sainteté en effet n'est pas seulement l'affaire d'une élite de perfection, c'est une voie ouverte à tous. Ainsi nous connaissons tous des femmes, des hommes qui ont beaucoup amélioré la vie autour d'eux et qui par leurs paroles, leurs regards, leurs actes, ont fait avancer l'humanité.

          En ce jour, nous pensons très fort à nos défunts, aux parents, aux proches, aux amis qui nous ont quittés. Sans doute sont-ils eux aussi, dans la foule immense de « toutes nations, races, peuples et langues ». Cette foule immense trouve sa joie et sa paix dans la rencontre avec Dieu, Seigneur de la Vie et de la Vie éternelle.

         On le sait, beaucoup de gens sont convaincus que ce qu'il y a de vraiment beau, de grand, de fort dans la vie, c'est l'Amour. L'Église renforce beaucoup cette foi, et invite tout le monde à vivre pleinement le grand commandement d'Amour de Jésus, à œuvrer pour le bien, à se mettre au service des autres, à leur apporter une belle présence, son amitié, son sourire, son aide, son soutien. La Toussaint fait un peu toucher du doigt que l'Amour ne meurt pas. La Résurrection ouvre les portes de la vie en Dieu.

         Croyants, nous savons que nous passerons un jour de la mort à la vie en Dieu: « Voyez quelle manifestation d'Amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés Enfants de Dieu. Et nous le sommes… Nous le verrons tel qu'il est » (1 Jean 3, 1-2).

          En attendant ce grand jour, nous sommes encore sur terre et nous avons à y œuvrer. Il faut nous laisser pénétrer, transformer, bouleverser par Jésus et son Évangile. Comme les saints, faire de notre vie une belle aventure avec Jésus et le suivre sur le chemin de l'Amour.

          En cette fête de la Toussaint, les Béatitudes sont l'évangile du jour. Jésus les a lancées à tous vents du haut d'une colline de Galilée. Les saints se sont efforcés de bien vivre ces Béatitudes. Nous y sommes invités nous aussi: vivre la pauvreté du cœur, la douceur; être proche de ceux qui pleurent; avoir faim et soif de justice; être miséricordieux; être pur; être artisan de paix.

          C'est un beau programme de vie, mais évidemment pas toujours facile à mettre en actes. Il faut souvent se dire et se redire qu'en s'engageant à la suite du Christ et en vivant les Béatitudes, on peut donner du souffle à la marche de l'humanité et faire avancer le monde vers plus de solidarité, de fraternité.

          Ce n'est pas toujours évident. On risque souvent d'être incompris, d'essuyer pas mal de critiques, d'être parfois traité d'illuminé.

          Vivre les Béatitudes, c'est forcément être à mille lieues du monde de l'argent, de la violence, de la recherche de puissance, de pouvoir, qui habitent tant de gens dans notre monde.

          Il ne faut pas se décourager, et toujours avancer dans l'espérance, la confiance, la persévérance. 

          En marchant à la suite du Christ, en vivant les Béatitudes, nous nous inscrivons dans l'espérance de faire un jour partie de cette « foule immense que nul ne peut dénombrer ». La route des Béatitudes est loin de conduire à une impasse, au contraire elle ouvre les portes de la vie auprès du Seigneur.

          La Toussaint, fête d'espérance, nous rappelle et nous redit que nous sommes appelés à la Résurrection, à entrer dans l'Amour éternel de Dieu, la vie en plénitude.

                                                                                                                       père André PERNET

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    HOMÉLIE :

                « Peuple de Dieu, marche joyeux, car le Seigneur est avec toi. »

    Voilà ce que nous avons chanté au début de cette Eucharistie pour annoncer que Dieu est avec chacun proche ou lointain, croyant ou non croyant : Dieu est avec tous. C’est nous qui ne sommes pas toujours ajustés à Lui, à sa présence.

           Nous pensons, en effet, trop souvent que c’est nous qui allons vers Dieu en premier. En fait, ce n’est pas vrai : c’est Dieu qui vient vers nous en premier.

             En ce dimanche, retrouvons cette grande vérité de la foi : un missionnaire ce n’est pas quelqu’un qui impose Dieu aux autres, c’est quelqu’un qui ouvre les autres à la découverte de Dieu dans leur vie.

                Dans l’Evangile, deux exemples nous sont donnés : le pharisien et le publicain. Le pharisien compte sur ses mérites pour s’ajuster à Dieu. Tandis que le publicain pense qu’il ne mérite pas que Dieu s’intéresse à lui.

                Or, ce n’est pas une question de mérites : seule compte la foi, la confiance en la volonté du Seigneur d’être présent à tous sans exception.

    Beaucoup de personnes sont proches de Dieu sans avoir les mots pour le dire. Nous pouvons alors avoir un rôle de missionnaire en leur révélant que leur manière de vivre rejoint ce que Dieu veut pour chacun de nous.

    Être missionnaire, c’est aimer le mouvement de Dieu vers nous et en être ensuite témoin.

    Dieu se fait Corps et Sang dans l’Eucharistie chaque dimanche pour nous rejoindre.

    L’Eglise n’est pas autre chose que le Oui à Dieu : Oui, nous croyons que tu es présent au milieu de nous. L’Eglise, avec un grand « E » c’est nous tous qui à  l’exemple de Marie, osons dire OUI au Seigneur : Oui, nous désirons que tu viennes dans notre vie pour nous aider à  être dans la paix et à ne jamais perdre espoir.

    Ceci est la découverte de la foi. Jésus Christ, Dieu fait homme n’a jamais dit : “Débrouillez-vous pour mériter de me rencontrer”.

                Jésus nous a toujours dit : “Je suis déjà là avec vous. Et je vous donne mon Esprit Saint qui est un esprit de paix, de pardon, d’union, de vérité, d’espérance, de lumière, de joie. »

                Etre missionnaire n’est pas réservé à quelques uns qui partent loin. Nous sommes tous invités à être missionnaires en laissant Jésus agir en nous.

                Eloi Leclerc est un franciscain. Dans son livre "sagesse d'un pauvre", il met dans la bouche de  François d'Assise la réponse à cette question :

                « As-tu déjà réfléchi à ce que c’est qu’évangéliser un homme  (être missionnaire) ? Evangéliser un homme  (Être missionnaire), vois-tu, c’est dire à un homme : Toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu’il sente et découvre qu’il y a en lui quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu’il pensait, et qu’il s’éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi. C’est cela, lui annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, sans condescendance, faite de confiance et d’estime profonde.

                Il nous faut aller vers les hommes. La tâche est délicate. Le monde des hommes est un immense champ de lutte pour la richesse et la puissance. Et trop de souffrances et d’atrocités leur cachent le visage de Dieu. Il ne faut surtout pas qu’en allant vers eux nous leur apparaissions comme une nouvelle espèce de compétiteurs. Nous devons être au milieu d’eux des témoins pacifiés du Tout-Puissant, des hommes sans convoitise et sans mépris, capable de devenir réellement leurs amis. C’est notre amitié qu’ils attendent, une amitié qui leur fasse sentir qu’ils sont aimés de Dieu et sauvés en Jésus Christ. »

    cf. Eloi Leclerc dans Sagesse d'un pauvre. (Desclée de Brouwer, réédité en  2011. 1ère éd. 1959 aux Editions franciscaines)

                Si c’est  Dieu qui fait le premier pas vers nous : Qu’est-ce que j’attends pour prendre plus souvent le temps de prier avant d’agir ?

                Si c’est  Dieu qui fait le premier pas vers nous : Qu’est-ce que j’attends pour le laisser agir en moi ?

                Si c’est  Dieu qui fait le premier pas vers nous : Qu’est-ce que j’attends pour donner aux autres l’envie de découvrir la présence de Dieu en eux ?

                Saint François d’Assise a su résumer en quelques mots, les missions que Dieu peut susciter en nous :

                Là où est la haine que je mette l’amour.

                Là où est l’offense que je mette le pardon.

                Là où est la discorde que je mette l’union.

                Là où est l’erreur que je mette la vérité.

                Là où est le doute que je mette la foi.

                Là où est le désespoir que je mette l’espérance.

                Là où est les ténèbres que je mette la lumière.

                Là où est la tristesse que je mette la joie.

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  • Le dimanche 20 octobre 2019 est La Journée Mondiale de prière pour la Mission. En ce dimanche des missions nous sommes invités à prier pour tous les missionnaires envoyés dans le monde entier. Grâce à eux, nous sommes proches de ceux qui sont loin et ils nous aident à être nous-mêmes des missionnaires là où nous vivons en n’étant pas loin de ceux qui nous sont proches (expression empruntée à la vision du Service Missionnaire des Jeunes SMJ).

    Prions sans nous décourager car nous sommes tous missionnaires !

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (18, 1-8) :

        En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.
        Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : ‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’ Longtemps il refusa ; puis il se dit : ‘Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.’ »
        Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

                Tous missionnaires !

                La foi chrétienne fait de nous des missionnaires ! Mais, comment cela est-il possible ?

    Voici deux convictions :

                La première conviction, c’est que la vie chrétienne est centrée sur l’expérience que Dieu m’aime, moi personnellement, d’un amour sans condition. Je suis précieux aux yeux de Dieu. Et en Jésus, Dieu m’offre son Amour. Jésus n’a qu’un seul désir, que je devienne son ami. Il nous le dit : (Jean 15, 15) « Je ne vous appelle plus serviteurs car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître ». Jésus me dit que je suis son ami et qu’il a besoin de moi.

                La deuxième conviction de notre foi est celle-ci : Dieu habite au cœur de tous les humains sans exceptions qu’ils soient pauvres ou riches, instruits ou ignorants cela ne fait pas de différence pour Dieu. Il habite le cœur de chacun. Hélas, beaucoup ne le savent pas, ou bien, à la suite d’expériences douloureuses ils ont rejeté la foi en la présence de Dieu dans leur cœur, et pourtant Dieu y est bien présent, et Dieu a besoin de chacun et chacune d’entre nous.

                Avec la foi chrétienne, nous sommes des missionnaires car Dieu compte sur notre amitié pour éveiller ou réveiller, et faire grandir la conscience de sa présence à la fois au cœur de notre vie et au cœur de la vie de tous ceux et celles que nous rencontrons.

                Et la mission commence par la prière sans nous décourager ! Dans l’Evangile, Jésus raconte une parabole, une petite histoire chargée de nous faire réfléchir sur la prière. Un juge sans foi, lassé par l’insistance d’une veuve, finit par lui accorder ce qu’elle demande. L’argument de Jésus est fort simple : si même ce juge a fini par craquer, combien plus Dieu répondra à ceux qui l’implorent.

                Mais alors, Dieu serait-il comme ce juge qu’il faudrait avoir à l’usure en lui tirant les oreilles pour qu’il nous écoute ? Ce n’est pas ce que dit Jésus. Dieu n’est pas capricieux ou indifférent à nos besoins et la prière ne consiste pas à essayer, parfois en vain, de lui soutirer des grâces. Pour comprendre la parabole, il faut relire la question finale de Jésus : « Le fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

                S’il est important de prier sans cesse et de ne pas se décourager, ce n’est pas parce que Dieu serait lent ou sourd. La difficulté n’est pas au niveau de la réponse à la prière, mais au niveau de la prière elle-même.

                La prière n’a pas pour but de mobiliser Dieu, puisque Dieu est déjà là et qu’il attend, mais d’apprendre à croire, c’est-à-dire à faire confiance. Ainsi, le mot « foi » renvoie ce que nous appelons la confiance. Mais celle-ci n’est pas un état acquis une fois pour toutes : on devient croyant en faisant confiance, jour après jour, malgré tout. On peut alors mieux comprendre la question de Jésus dans l’Evangile : « le Fils de l’homme trouvera-t-il la foi sur la terre ? Trouvera-t-il des hommes et des femmes qui font confiance en Dieu, et en Dieu fait Homme par Amour ?

                C’est la principale difficulté de la prière : Avons-nous vraiment envie de croire que Dieu nous écoute et répond à notre prière même si la réponse qu’on souhaitait ne vient pas ? Est-ce que nous attendons du Seigneur plus de biens matériels, plus d’argent sur notre compte en banque ? Notre attente sera déçue car Dieu nous donnera l’esprit de pauvreté, le manque qui nous ouvre à la joie du besoin de la relation, la seule véritable richesse. Si nous lui demandons plus de pouvoir, de supériorité sur les autres ? Notre attente sera déçue car Dieu nous donnera l’esprit de service qui nous fait découvrir la joie de devenir responsables et solidaires les uns des autres. Si nous lui demandons de devenir plus jeunes, plus beaux, plus attirants ? Notre attente sera déçue car Dieu nous donnera l’humilité qui est la vertu de ceux qui vivent heureux sans chercher à se comparer sans cesse aux autres.

                Tous ces dons de Dieu forment ce que la Bible appelle la justice. La justice au sens biblique, au sens de la révélation que Dieu fait de Lui-même et de ce que nous sommes en vérité, c’est être ajusté avec soi-même être ajusté les uns aux autres et être ajusté avec Dieu. Cet ajustement en se réalisant dans la confiance, dans la foi, nous transforme et à travers nous, transforme le monde pour plus de joie, d’espérance, d’Amour et de paix. Le désirons-nous vraiment, ce changement, ce monde nouveau où il n’y aurait plus de juges imbus d’eux-mêmes et de pauvres veuves laissées à leur misère ? Voulons-nous vraiment ce que Jésus appelle le Royaume de Dieu, le merveilleux et divin projet de son Père et de notre Père qui modifie de fond en comble nos relations humaines ?

                Dans la foi, nous avons cette merveilleuse mission de dire et de montrer qu’un monde plus juste et fraternel est à la portée de notre prière car prier change profondément notre cœur et notre comportement.

                C’est donc, nous dit Jésus, notre peur de ne pas être exaucé qui paralyse Dieu, notre méfiance qui empêche notre cœur de recevoir ce qui est déjà donné, en abondance. Dieu ne veut pas enfoncer la porte de notre cœur ni nous contraindre : c’est pourquoi seule notre confiance, notre foi lui permet de nous donner son Esprit Saint, son Esprit de Vérité, de Vie éternelle.

                Finalement, avec la foi en Jésus Christ, prie-t-on pour être exaucé ? Non, c’est le contraire et c’est là notre magnifique rôle de missionnaires, on prie parce qu’on est tous, sans exceptions, personnellement déjà exaucé (déjà ajusté en espérance). Toute prière s’épanouit en merci. Amen.

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    Evangile : Luc 17, 11-19

                Homélie :

    De tout temps, l’humanité s’est posée des questions sur Dieu. De tout temps, des hommes et des femmes cherchent Dieu.

    Ou encore, de tout temps des hommes et des femmes cherchent des réponses à leurs questions sur la vie, l’existence : et si c’était vrai que Dieu existe.

                Tout au long de l’histoire, des prophètes ont parlé au nom de Dieu.

                Les prophètes ont préparé, peu à peu, la grande venue de Dieu en Jésus.

                Et depuis, si nous voulons trouver Dieu, il nous suffit de regarder, d’écouter Jésus.

                Jésus : le nom « Jésus » signifie « Dieu sauve ».

            En Jésus, Dieu se révèle pleinement tel qu’Il est.

    Jésus est Dieu fait Homme. C’est ce que nous disons depuis toujours dans le Credo (Le « Je crois en un seul Dieu… »).

                Et l’un des dix lépreux a bien reconnu la présence de Dieu en Jésus.

                Reprenons, si vous voulez bien, l’Evangile du 28è dimanche du temps ordinaire.

                Au début de l’Evangile, on nous a dit que Jésus est entrain de marcher vers Jérusalem. Jérusalem où Jésus va vivre la Passion et où il va montrer la véritable identité de Dieu qui se donne par Amour jusqu’au bout.

                Sur sa route, il croise dix lépreux. Dix personnes prisonnières de leur maladie. Mais, nous aussi il nous arrive parfois d’être prisonniers de nos inquiétudes, de nos angoisses.

                Et ces dix personnes, qui connaissent déjà la réputation de Jésus s’approchent de lui et lui disent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »

                Et nous au début de chaque Eucharistie, nous nous tournons aussi vers Jésus pour lui demander « prends pitié de nous ». Le faisons-nous par habitude ou avec foi ?

                Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En fait, Jésus les renvoie à des représentants de Dieu.

                Et voilà que les dix personnes atteintes de la lèpre font confiance en Jésus. Ils ne mettent pas en doute sa parole et partent tout de suite.

    En effet, ils se disent peut-être que si Jésus leur demande d’aller voir les prêtres, c’est qu’il va se passer quelque chose pour eux.

    Et c’est ce qui se passe. En cours de route, ils sont purifiés. Purifiés, ils vont rendre gloire à Dieu, lui rendre grâce auprès des prêtres dans le temple de l’époque.

    Et voilà, que l’un d’entre eux, lui, fait demi-tour, pour glorifier Dieu, rendre grâce « en se jetant la face contre terre aux pieds de Jésus ».

    Qu’est-ce qu’il y a d’extraordinaire, me direz vous, dans ce retour de ce lépreux guéri, vers Jésus. Après tout il vient remercier Jésus qui les a aidés à guérir.

    En fait, ce qui est extraordinaire, c’est que ce lépreux guéri ne revient pas seulement dire merci à Jésus. Il se prosterne aux pieds de Jésus et il rend grâce à Dieu en s’adressant à Jésus.

    Ce lépreux guéri accomplit, à l’égard de Jésus, les gestes qu’il devrait faire au temple devant Dieu.

    Par le comportement de cet homme, et par l’approbation entière que Jésus lui donne, il nous est révélé que Jésus est vraiment Dieu fait Homme.

    Tout est dit. Si nous voulons vraiment rencontrer Dieu, allons à Jésus.

    Dieu et Jésus sont confondus, réunis, dans un même remerciement. Et Jésus va le « relever », cet homme prostré devant lui. Le mot « relever » est un mot grec employé par les premiers témoins pour dire la résurrection de Jésus Christ. La foi de ce Samaritain ne l'a pas seulement amené à la santé, mais déjà à la vraie vie, la vie divine, dans une étroite proximité avec Dieu qu'il sait reconnaître en la personne de l'homme-Jésus qui l'a remis sur pied.           

    Tous - vous, moi – nous crions parfois notre détresse vers Dieu. En tout être humain, il y a la protestation contre le mal. Dieu entend ce cri, qui est comme le premier degré de la foi.                         Mais beaucoup ne vont pas plus loin que ce cri dans leur démarche de foi. Et pourtant, au bout de la démarche de la foi, il y a Jésus !!! Jésus Christ : Présence de Dieu au coeur de notre humanité, au coeur de tout ce qui fait notre vie !!!

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    « Augmente en nous la foi ! »

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (17, 5-10) :

    En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »

        Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi.

        Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Viens vite prendre place à table’ ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?

        De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
    dites : Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir. »

                Pouvons-nous répondre à la question : qu'est-ce que la foi ? Sommes-nous certains d'avoir la foi en Dieu qui est en même temps, par Amour pour nous, le Père de Jésus Christ et notre Père ?

                Voici une petite histoire :

                Imaginons un jeune père de famille qui joue avec son enfant de 3 ans. Il le met sur un mur de 2 mètres de haut et lui dit, les bras levés vers lui : « Allez, saute ! » L’enfant n’hésite pas une seconde et saute. Le papa le récupère dans un grand éclat de rire. Et l’enfant s’écrie : « Encore, encore, encore ! »

                Imaginons maintenant le même enfant à l’âge de 10 ans sur le mur. Il va dire à son père : « T’es sûr que tu es assez costaud pour me rattraper ? » A 13 ans : « T’es sûr que c’est drôle ton jeu ? » A 15 ans : « Non mais, tu m’as bien regardé !? » Quel âge a notre foi en Dieu ?

                Pour Dieu, le Père de Jésus Christ et notre Père, nous avons toujours le même âge : L’âge d’être éternellement son enfant bien-aimé !!!

                Donc la foi ce n’est pas seulement croire que Dieu existe, c'est croire que Dieu est présent dans tous les événements heureux et douloureux de notre vie. Cela est possible nous le croyons car Dieu s’est fait Homme en Jésus Christ et est aussi en chacun de nous depuis notre naissance par la présence de son Amour, de son Esprit Saint dans notre cœur.

                Attention, ce n'est pas « parce qu'on a la foi » que tout devient facile ou sans souffrances. La vie est et reste la même pour tout le monde.

                Devant les difficultés de la vie et les personnes autour de nous qui ne croient pas en Dieu, on ne sait pas toujours comment annoncer la foi qui nous fait vivre malgré tout, la foi en Dieu Père, Fils et Saint Esprit.

                Il faut bien reconnaître que vivre l’Évangile ce n’est pas simplement partager, écouter… mais plus profondément, c’est une manière d’être dans la foi, c’est oser regarder le monde, les autres, et soi-même avec le regard d’Amour de Jésus Christ.

                Croire en Dieu, c’est vivre dans l’espérance, même lorsqu’on se sent dépassé par les événements.

    Croire en Dieu, c’est refuser d’accepter le mal en cherchant toujours à découvrir ce qui est bon en l’autre. Croire en Dieu, c’est croire qu’il est toujours là, à nos côtés, même lorsque nous sommes écrasés par les épreuves. La foi touche tout notre être, pas seulement nos manières de faire.

                Alors on comprend bien cette demande des apôtres : « Seigneur, augmente en nous la foi ». Et Jésus leur répond : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi. »

                En fait, il ne s’agit pas d’augmenter la foi pour Jésus : Ce n’est pas une question de quantité mais de qualité de la foi. La foi c’est vivre avec la présence de Dieu en nous à laquelle nous disons un grand OUI en recevant le baptême. C’est précisément en reconnaissant la présence de Dieu en nous, que nous lui demandons d’agir dans tout ce que nous vivons.

                La foi nous fait vivre cette formidable et vitale conversion : ne plus seulement compter sur nos propres forces, mais croire en sa Force, son Espérance, son Amour ; c’est-à-dire son Esprit Saint qui nous dépasse certes, mais qui est pourtant bien là dans le cœur de chacun et de chacune d’entre nous.

                Dans le même sens, saint Paul nous dit (2Timothée 1 7-8) : « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison. […] Avec la force de Dieu, prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile. » Voyez, tout est là, avec Dieu (Père, Fils et Esprit Saint) tout est possible, il s’agit de croire même lorsque nous ne comprenons pas et souffrons d’une certaine solitude.

                Et dans l’Evangile, Jésus ajoute une seconde conversion qui est aussi vitale pour nous : « Vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dîtes : ‘Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir. » Jésus nous dit cela car il nous connaît bien. La seule chose qui soit vraiment importante quand nous vivons avec le secours de la foi ce n’est pas de se sentir supérieurs aux autres qui ne croient pas mais d’être humblement des témoins, à la fois, de la proximité de Dieu dans nos vies et de son secours, son soutien en toutes circonstances.

                Tout le mérite ne revient pas à celui ou à celle qui croit, qui vit au quotidien dans la foi. Tout le mérite revient à Dieu qui nous donne la grâce de pouvoir tout vivre avec la foi. Croire en Dieu, le Père de Jésus Christ et notre Père, c’est connaître la merveilleuse liberté des enfants de Dieu, qui nous libère de ce besoin d’être toujours reconnu et être aimé de tous. Ne l’oublions jamais, nous ne sommes que de simples et néanmoins heureux serviteurs de la foi.

                C’est en acceptant d’être de simples serviteurs de la foi que nous serons alors assez humbles pour laisser Dieu communiquer, par nous, son Amour sans limites.

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  • Homélie 26è dimanche ordinaire

                Nous venons d’entendre la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare.

                L’homme riche ne maltraite pas le pauvre Lazare. Il ne le voit pas. Par conséquent, Jésus ne lui reproche pas d’être riche mais il lui reproche de ne rien faire pour Lazare couché devant son portail.

                La richesse n’est pas mauvaise, mais elle risque d’enfermer le riche sur soi-même et de l’isoler.

                L’homme riche est indifférent à la misère du pauvre qui gît à sa porte. Etre riche n’est ni une tare ni un vice honteux. Mais il y a une bonne et une mauvaise manière d’être riche.

                C’est une réalité, quand on est enfermé dans sa richesse, on n’entend rien, on n’entend pas ceux qui nous entourent.

                Voici une anecdote sur sainte mère Térésa : Un journaliste l'interviewait, un jour, en lui faisant remarquer : « Mais, ma sœur, votre action, à Calcutta, est ridiculement pauvre et insignifiante. C’est une goutte d’eau dans l’océan de la misère !!! »

                Et sainte mère Térésa a répondu tranquillement : « Oui, ce que je fais, c’est une goutte d’eau ! Mais, si je n’apportais pas ma goutte d’eau… elle manquerait à l’océan !!! »

                Cette réponse nous interpelle. La goutte d’eau que je peux apporter là où je vis est-ce que réellement je l’apporte ?

                La parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare que nous venons d’entendre nous rappelle douloureusement les pauvretés qui existent dans le monde et autour de nous.

    Avec la foi en Jésus-Christ, avec la confiance que nous mettons en Lui et en son Eglise, nous sommes invités, chaque jour, à la conversion.

    « Convertissons-nous et croyons en la Bonne Nouvelle de la présence agissante de Dieu en nous-mêmes, et au milieu du monde ! » 

    En moi, en chacun de nous voici quelques exemples de gouttes d’eau qui peuvent être très efficaces : l’humilité, le pardon, la bonté, la vérité, l’espérance, la paix, la douceur, la patience, la bienveillance, la maîtrise de soi, l'Amour, la fidélité, la prière, le service… .

    Le Seigneur nous connaît bien, encore mieux que nous nous connaissons nous-mêmes.

    Avec le Seigneur Jésus, nous pouvons faire ressortir le meilleur de nous-mêmes, la richesse de notre cœur.

    N’est-ce pas ce qui se passe, à chaque Eucharistie, où Jésus nous donne sa force pour réveiller nos riches petites gouttes d’eau.

    Homélie 26è dimanche ordinaire

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           Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lecture brève Luc 16, 10-13) :

    « En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
    est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
        Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
        Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
        Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

           Que choisissons-nous de vivre ? : « Vivre pour manger, ou manger pour vivre. » selon une citation de Molière dans sa célèbre pièce de théâtre « L’Avare ». Cette citation peut être reprise en se demandant : « Vivre pour l’argent ou l’argent pour vivre. »

                Quel est notre choix de vie ? Jésus n’est pas contre le fait d’avoir de l’argent. Il en faut pour vivre. Jésus prévient du danger de choisir l’argent comme unique sens à sa vie.

                Avec l’argent, nous ne pouvons être heureux que si nous le considérons comme un moyen et non comme un but.

                Alors, notre besoin de conversion ne se situe pas au niveau de l’argent lui-même mais au niveau de notre manière d’être et d’agir en l’utilisant.

                Et Jésus nous explique comment l’argent peut devenir une idole, voir-même une divinité pour nous en nous parlant de : « la confiance ». C’est le mot-clé répété 4 fois dans la lecture brève de l’évangile !           

                Car la confiance est cette attitude du coeur par laquelle on « se » donne soi-même. Non pas : « on donne quelque chose ». Ce serait de la générosité !

                Avec la confiance, on offre sa personne comme un don. Et par exemple, en participant à une célébration dans une église, avec la confiance nous exerçons notre capacité à nous recueillir, à nous « rassembler » pour s’offrir !         

                Tout l’enjeu est de savoir à qui nous donnons notre confiance ? C’est notamment le principe de la publicité que de nous attirer par de belles paroles, de belles images et aussi de belles promesses !!!

                Ainsi l’argent brille à nos yeux. Il a un immense pouvoir de séduction. Grâce à lui, on peut se procurer tellement de choses, du moins si on en a assez à notre disposition ! Mais, justement, on peut consacrer toutes nos forces à l’amasser ! Avec lui, on veut acheter toujours plus et on n’est jamais satisfait !

                L’argent ouvre la voie à tous les pouvoirs, et donc aux pires injustices ! C’est le sens de la protestation du prophète Amos : « Vous écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays. » (Amos 8, 4-7)

                Mais surtout ce qui est à retenir, c’est que l’argent ne peut devenir une divinité que parce que l’on se donne à lui !

                Bien que l’argent ne soit pas une personne, nous pouvons devenir ses esclaves !

                Celui qui nous libère de tous les esclavages, Celui à qui nous pouvons nous donner sans rien craindre de Lui parce qu’Il est le premier à se donner entièrement à nous sans rien garder pour Lui : C’est Dieu qui se donne entièrement gratuitement en Jésus Christ avec toute la force de son Amour, l’Esprit Saint.

                Rappelons-nous cet autre épisode de l’Évangile où Jésus est interrogé justement sur une question d’argent : (Matthieu 22, 17-21) « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Jésus se fait apporter une pièce de monnaie et demande : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » On lui répond : « De César ». Alors, il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » S’il est donc opportun de rendre à César ce qui porte son effigie et son nom, nous devons nous souvenir que nous sommes nous-mêmes comme une pièce de monnaie, gravée à l’effigie de Dieu.

                En nous donnant par la confiance à Dieu fait Homme en Jésus Christ, nous ne faisons que retrouver la Source d’où nous sommes créés. Jésus veut nous rappeler qu’en étant créés à l’image de Dieu, nous sommes hors de prix. Nous avons une valeur infinie ! Les divinités de notre fabrication comme « l’argent » ne peuvent pas nous acheter !

                Nous sommes à la ressemblance de Dieu et le chemin qui nous conduit à Lui c’est la confiance en Jésus Christ «  le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père,  et par lui tout a été fait… » (extrait du grand Credo de Nicée Constantinople).

                Et cette confiance en Dieu le Père par Jésus Christ s’appelle : la foi chrétienne !

                En développant notre foi en Jésus Christ, nous remettons toutes choses en ordre dans notre vie et nous reconduisons l’argent à sa juste place : un serviteur, jamais un maître, jamais un dieu !

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