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Publié par foipromesse

Jésus le Christ, devant la foule qui l'a suivi, est « saisi de compassion », est touché au plus profond de lui-même par celles et ceux qui, « les yeux sur Lui, tous espèrent ».

Jésus le Christ, devant la foule qui l'a suivi, est « saisi de compassion », est touché au plus profond de lui-même par celles et ceux qui, « les yeux sur Lui, tous espèrent ».

Ce que Jésus Christ nous demande, c'est de faire nôtre, sa compassion et de croire en la puissance de sa Bénédiction et de son Amour. Pour le Seigneur rien n’est impossible dès lors que nous consentons à le laisser agir en nous et à travers nous avec nos petits moyens, car « rien ne pourra nous séparer de l’Amour du Seigneur (et de sa Bénédiction) ». (Romains 8, 39) Amen ! Alléluia !

Homélie du 18ème dimanche du Temps ordinaire (Année A) :

          Dans la 1ère lecture du prophète Isaïe nous avons entendu :

« Ainsi parle le Seigneur : […] Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter (de la nourriture), sans argent, sans rien payer. »

          Notre tentation en écoutant cette Parole de Dieu est certainement de l’écouter poliment, avec un petit sourire en pensant :

“ Cause toujours, on sait, nous, que rien n’est gratuit ” !

          Aussi il est important de resituer cette Parole dans le contexte.

          Isaïe parle aux premiers croyants exilés à Babylone, à ces hommes et ces femmes réduits aux travaux forcés mais qui espèrent au plus profond d’eux-mêmes que Dieu finira par entendre leurs cris de souffrance !

          Le prophète Isaïe rappelle à tous ceux qui ploient sous le poids du fardeau l’extraordinaire générosité de Dieu et sa fidélité, en utilisant ces images surprenantes qui évoquent une abondance de bonnes choses, du lait, des viandes savoureuses, tout cela sous le signe de la gratuité !

          En d’autres termes, ce qu’Isaïe annonce aux premiers croyants exilés, c’est que Dieu ne les a pas oubliés et qu’il va leur manifester la générosité surabondante de son amour.

          « Ainsi parle le Seigneur : […] Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter (de la nourriture) sans argent, sans rien payer. »

                    Il y a dans cette Parole, la logique de Dieu qui n’est pas notre logique.

          Et dans l’évangile nous retrouvons ces deux “logiques“.

          La logique de Jésus le Christ et la logique des disciples qui disent à Jésus : « Renvoie donc la foule ! ».

          Pour les disciples, Jésus parle beaucoup et il ne se rend pas compte du temps qui passe. Voilà que le soir est déjà là et le soleil commence à se cacher derrière les collines. Que va-t-on faire de toute cette foule à l'heure du repas du soir ?

          Pour les disciples, il est temps de rappeler à Jésus les réalités pratiques qu'il semble avoir oubliées.

          Voilà notre logique qui est effectivement très pragmatique : Jésus le Christ enseigne une foule depuis trop longtemps et l’endroit est désert. Les disciples n’ont pas de nourriture à donner à la foule ! Il faut que la foule parte s’acheter de la nourriture !!!

          Jésus le Christ n’a pas la même logique :

          Lui, il a été « saisi de compassion ».

          Avant de voir une foule, il a vu des visages, il a croisé des regards. Il a remarqué la fatigue des personnes qui ont marché longtemps pour venir le rencontrer et pour lui présenter une personne infirme, malade dans l'espoir un peu fou qu'ils puissent s'approcher de Jésus Christ et attirer sa bienveillance.

          Et Jésus Christ a remarqué tous ceux et celles qui attendent une parole de consolation, d'espérance, de vérité. Cependant, c’est vrai, au départ Jésus avait choisi de se retirer dans un endroit désert, à l’écart avec ses disciples. Il n’avait pas prévu que tant de gens le suivent.

          Mais, Jésus Christ n'a pas eu le cœur de renvoyer la foule. « Saisi de compassion », touché au plus profond de lui-même par celles et ceux qui, « les yeux sur Lui, tous espèrent ».

          Jésus manifeste et rend visible la proximité de Dieu et sa bonté : Il s'approche, plein d’attention et de bienveillance pour chaque personne de la foule.

          Les regards se fixent sur lui, les oreilles se tendent et le bon berger qu’est Jésus Christ, nourrit ses brebis, jusqu'à oublier le temps qui passe.

          C’est un moment de paix, de douceur et de consolation pour la foule (C’est un moment où le Royaume des Cieux se manifeste sur terre).

          Mais les disciples, eux, s’impatientent, d’autant plus qu’ils sont convaincus de leur incapacité à pouvoir nourrir une telle foule.

          Alors, ils demandent à Jésus Christ de renvoyer cette foule.

          Et voilà que face à une réalité plus que problématique, Jésus, le Christ, met ses disciples au défi de nourrir ces hommes, ces femmes et ces enfants, tout en sachant ce qu’il va faire avec le peu de nourriture que ces disciples ont.

          Jésus Christ dit à ses disciples : « Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez leur vous-mêmes à manger.

          Alors les disciples dirent à Jésus : « Nous n'avons là que cinq pains et deux poissons. »

          Jésus Christ ne s’affole pas et organise le repas.

          Puis vient le moment de la bénédiction (la voici la logique du Seigneur !) : LA BENEDICTION !

          Or, les disciples, dans leur logique, ont oublié cette puissance cachée qui vient de Dieu et qui donne la vie en abondance !

          La bénédiction prononcée dès l'origine sur la Création, la bénédiction vient à nous par Jésus le Christ qui est le plus grand don, cadeau de Dieu.

          Dieu le Père « nous a bénis par toutes les bénédictions dans le Christ » (nous dit saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens 1, 3).

          Au milieu de la période estivale, l’évangile de ce 1er dimanche du mois d’août, met en lumière ce que nous pourrions parfois oublier, en particulier dans ces moments où domine en nous un sentiment d’impuissance ! Qu'importe la pauvreté de nos moyens lorsqu'ils sont simplement offerts dans la confiance à la bienveillance de Dieu, qui en Jésus-Christ est venu jusqu’à nous pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance (Jean 10).

          Qu’importe la pauvreté de nos moyens, ce qui compte dans la logique du Seigneur c’est notre confiance et notre espérance en le Seigneur, en son Esprit saint qui est toujours prêt à multiplier ce que nous avons de meilleur en nous, pour le bien de nos prochains et pour notre propre bien.

          Ce que Jésus Christ nous demande, c'est de faire nôtre, sa compassion et de croire en la puissance de sa Bénédiction et de son Amour.

          Nourrir chaque personne présente dans la foule, c'est le premier désir de Jésus Christ, c’est certain, mais il ne veut pas le faire sans nous. 

          Simplement, humblement, demandons dans cette Eucharistie la grâce d’une confiance renouvelée en Jésus le Christ, pour qu’à l’écoute de sa Parole et nourris par sa Présence, nous apprenions dans l’Esprit Saint à offrir en partage ce que nous sommes, en commençant par nos fragilités, notre impuissance.

          Et aux heures de doute, dans ces moments où nous serions tentés de baisser les bras devant l’immensité des besoins et des attentes, puissent les paroles de saint Paul nous aider à croire que pour le Seigneur rien n’est impossible dès lors que nous consentons à le laisser agir en nous et à travers nous avec nos petits moyens, car

          « rien ne pourra nous séparer de l’Amour du Seigneur (et de sa Bénédiction) ». (Romains 8, 39) Amen ! Alléluia !

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