Homélie fête du Christ - Roi

Jésus Christ nous appelle à être "roi avec Lui" !
22 novembre, dernier dimanche de l’année liturgique (de l’année A avec l’évangile selon Saint Matthieu) et fête du Christ-Roi de l’univers. Quand nous pensons à un roi, spontanément nous pouvons penser au roi Louis XIV ou à la reine d’Angleterre avec leur couronne d’or, leur carrosse rutilant, leur trône incrusté de pierres précieuses et leur habit richement décoré. Mais jamais Jésus le Christ n’a eu de telles richesses ! Alors, comment peut-on dire qu’il est roi et roi de l’univers ?
Lisons l’évangile de ce dimanche 22 novembre pour trouver des réponses.
Évangile (Matthieu 25, 31-46) : En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront : ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’ Alors ils répondront, eux aussi : ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’ Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
La couronne de Jésus est une couronne d’épines. Son carrosse est un petit âne sur lequel il est entré à Jérusalem le jour des Rameaux. Son habit de roi est un manteau rouge qu’un soldat romain lui a donné pour se moquer de Lui. Et le trône de Jésus c’est la croix qui est un instrument de souffrance et de mort ; et Jésus crucifié nous révèle ainsi sa royauté pour le monde entier, pour l’univers.
En effet, la royauté de Jésus Christ prend sa source en Dieu, son Père et notre Père du Ciel. Sa royauté, c’est l’Amour. Sur son trône sacré, la croix, au comble de la souffrance, il a exercé cette royauté d’Amour car il a pardonné à ceux qui l’ont crucifié et il a aussi sauvé « le larron » condamné à côté de Lui et qui s’est tourné vers Lui.
Et voilà que Jésus nous appelle à être "roi avec Lui" : " Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. "
En effet, en recevant le baptême, nous sommes marqués du sceau divin de l’Amour comme « prêtres, prophètes et rois ». Nous sommes appelés à être rois à la manière de Jésus-Christ. Par la grâce du baptême, en nous donnant l’Esprit-Saint, Dieu le Père par les mains de son Fils Jésus Christ nous rend capables de dépasser les simples sentiments humains pour devenir des rois et des reines de l’Amour.
Si nous accueillons l’Esprit-Saint en vérité, si nous le laissons changer notre regard et notre cœur, nous pourrons aimer comme Jésus le Christ : Alors nous devenons capables de pardonner à ceux qui nous font du mal, d’aimer nos ennemis, de dépasser nos premiers réflexes humains (notamment notre égoïsme), de devenir des rois et des reines de l’Amour. Ainsi, nous reconnaissons Jésus le Christ dans la personne malade, dans la personne en prison, dans la personne en guenilles qui mendie dans la rue, dans la personne qui a faim, qui a soif, dans la personne qui cherche un logement, un travail, un pays d’accueil…
Et au soir de notre vie, nous passerons au tribunal de Dieu, nous serons jugés sur l’Amour. Si vous n’avez pas d’amour vous serez jugés inconsistants devant Dieu qui est Amour : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. »
Le jugement (« Venez, les bénis de mon Père » … « Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits » …) ainsi décrit par saint Matthieu dans son évangile, nous confirme que le jugement exercé par Jésus le Christ sur nous ne consiste pas à nous juger en fonction de notre attitude envers Lui (Jésus, Fils de Dieu, Fils de l’Homme, roi de l’univers) mais de nous juger en fonction de notre attitude envers notre prochain d’après ce que notre conscience nous a conduits à faire, ou ce que notre inconscience nous a conduits à ne pas faire.
Reconnaître la royauté de Jésus Christ ce n’est pas attirer sur nous un peu de sa puissance et exercer en son nom une domination sur le monde. Reconnaître la royauté de Jésus Christ, c’est entrer en communion avec Lui pour suivre son exemple et imiter sa royauté de serviteur. Ainsi, l’exemple du lavement des pieds, où Jésus Christ-Roi se met à laver les pieds de ses disciples : C’est par ce geste que Jésus-Christ-Roi se manifeste en tant que « Maître » et « Seigneur » et il dit : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jean 13, 14-15).
C’est ainsi que nous apprenons avec Jésus lui-même comment l’Amour de Dieu s’étend à l’univers entier. Il n’est pas une puissance extérieure, qui s’imposerait à nous ; il est une puissance de service à l’intérieur de nous qui s’exprime à travers le respect et l’attention que nous sommes capables de nous apporter les uns aux autres.
« Venez, les bénis de mon Père » sont ceux qui ont reconnu la détresse humaine et qui se sont mis en marche pour venir à son secours. Ceux qui ont nourri l’affamé, abreuvé l’assoiffé, vêtu celui qui était nu, accueilli l’étranger, visité le malade et le prisonnier ; ils n’ont pas d’abord fait une profession de foi chrétienne, ils ont commencé par ouvrir les yeux sur la réalité ; ont été touchés par la misère humaine, et ont fait quelque chose pour leurs frères et sœurs en humanité.
C’est ainsi que la royauté de Jésus-Christ se manifeste par cette capacité de susciter au cœur de l’Homme la volonté de la compassion, de la solidarité et de l’Amour.
Jésus nous appelle à être rois avec Lui, en témoignant de l’Amour de Dieu à travers nos gestes de solidarité et de charité.
Pour conclure, voici une expression de solidarité que j’ai partagé récemment avec un jeune paroissien, sur ce que nous vivons en ce moment :
Une cathédrale, une église ou même une chapelle n’ont pas été construites pour exercer une quelconque domination sur l’humanité. Et les personnes qui viennent à la messe ne sont pas supérieures aux autres. Une cathédrale, une église ou même une chapelle ne signifient pas la domination de Dieu, mais sont signes de la miséricorde, de la proximité de l’Amour de Dieu pour tous sans exception par Jésus-Christ-Roi-Serviteur des serviteurs, venu nous sauver en nous donnant sa Vie sur la croix et en ressuscitant le 3ème jour, jour du dimanche !!!
Alors, aujourd’hui, même si nous vivons douloureusement la suspension de nos messes dominicales, l’absence d’Eucharistie avec l’assemblée des chrétiens dans nos églises est une manière d’être solidaires avec les malades du Covid-19 et avec les soignants qui luttent contre cette pandémie. Et la messe est toujours célébrée en privé chaque jour. Et il est possible de recevoir la Communion en la demandant à un prêtre.
En cette période de 2ème confinement, et d’attente du retour de la messe avec l’assemblée des chrétiens dans les églises, prions pour que Jésus-Christ-Roi-Serviteur nous aide à entrer dans son attitude : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. (Lettre de Saint Paul aux Philippiens, 2, 5-7). Amen.