homélie 3è dimanche de Carême

Homélie de la messe du 3è Dimanche de Carême
Se convertir à l'espérance
Mais enfin, qu’ont-ils fait ? Eux, ces pauvres passants prisonniers sous les décombres de la tour de Siloé, et tous ces habitants en Ukraine qui subissent les bombardements. Qu’ont-ils fait pour subir la guerre ? Qu’ont-ils donc fait ?
Cette question traverse les époques, elle traverse la Bible aussi. Il ne faut pas s’y dérober, il faut toujours y revenir, car c’est la question du mal.
Vous ne comprendrez rien, dit Jésus, si vous ne vous convertissez pas.
Quand on ne sait plus où se tourner, et qu’on est au pied du mur, alors, sans doute n’a-t-on pas d’autre choix pour vivre que de se convertir ; se convertir à l’espérance. Une espérance à portée de main, une espérance à portée d’Homme. Espérer, ce n’est pas être dans l'utopie, dans la recherche d'un monde imaginaire ! Espérer, c’est accepter de recevoir chaque jour la vie qui est, à la fois, fragile et don de Dieu. Ainsi, le pape François a écrit cette prière pleine d'espérance pour la paix en Ukraine.
Seigneur,
entends notre prière !
Ouvre nos yeux et nos cœurs,
infuse en nous le courage
de construire la paix.
Maintiens en nous la flamme de l’espérance,
afin qu’avec persévérance
nous fassions des choix de dialogue
et de réconciliation,
pour que la paix gagne enfin.
Amen
pape François
Moïse fit un détour pour voir de plus près le buisson qui ne se consumait pas, mais Dieu en Jésus a fait un plus grand détour encore, le détour par notre humanité. Le Seigneur a fait le détour par notre chair douloureuse, par notre cœur souffrant pour, avec nous, le transformer ! Ainsi, nous chantons ce chant très connu pendant le Carême : "Changez vos coeurs, croyez à la Bonne Nouvelle. Changez de vie, croyez que Dieu vous aime !"
Moïse fait le détour par le buisson, et la terre sur laquelle il marche devient un lieu saint. Et depuis que Jésus a foulé de ses pieds notre terre, le monde entier est destiné à devenir un lieu saint.
Dans les hôpitaux où l’on souffre et où l’on meurt, dans les pays en guerre où l’on souffre et où l'on meurt ; dans nos vies, marquées d’une façon ou d’une autre par la souffrance, c’est chacun de nous qui est appelé à devenir une terre sainte, une terre d'Espérance !.
Qu’ont-ils fait Seigneur ? Pourquoi ce mal, ces souffrances ? Le pire serait de croire que Dieu nous attend, impassible et distant, de l’autre côté de l’épreuve, alors qu’en vérité, il vit avec nous nos souffrances, nos épreuves.
Avec tous ceux qui n’en peuvent plus, sur la croix, Jésus a crié et crie encore aujourd'hui : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? », et son cri rejoint tous nos cris.
Notre foi, notre espérance c’est qu’au bout de ce cri, nous le croyons il y a la lumière. Dans ces blessures déchirantes de la croix, il y a déjà les blessures glorieuses qui annoncent la vie plus forte que tout. Cela n’enlève ni la douleur, ni le scandale. Et cela ne fait certainement pas de la souffrance un bien qu’il faudrait cultiver. La mort, la douleur, il faut les combattre, mais pas sans Jésus le Christ, pas sans Dieu qui nous donne sa Vie éternelle.
Dieu est un Père qui nous a donné la connaissance du Bien et du Mal. et en tant que Père, il nous confie le monde. Il nous fait confiance pour achever avec Lui la construction du monde.
Il faut avoir en tête que le monde où nous vivons, n’est pas fini.
Nous avons la magnifique responsabilité de continuer à le construire avec l’aide du Seigneur.
C’est la conversion qui nous est demandé pendant le Carême. Dieu nous l’a bien dit en s’adressant à Moïse : mon nom est “ Je suis “. Celui qui est depuis toujours et qui sera présent tous les jours à côté de nous et en nous.
Dieu est infiniment patient, comme un vrai Père : “ Il refuse de couper le figuier qui ne donne pas de fruits. Il bêche et met du fumier à ces racines. Il attend ensuite l’année suivante pour regarder s’il va donner des fruits. il est patient.
Le Seigneur nous a créé intelligents et libres pour que nous soyons vraiment avec Lui des participants de la construction d'un monde plus juste et plus fraternel. C’est pour cela que nous pouvons dire que le monde est aussi le Royaume de Dieu en construction pour le bien de tous.
Et cette construction passe par le scandale du mal, de la souffrance, de la mort.
Le Seigneur Dieu, le tout puissant, a accepté de mourir sur la croix dans d'horribles souffrances.
Le Seigneur n’est pas indifférent à ce que nous vivons; il n’est pas indifférent à nos souffrances.
Il est, et il sera toujours “ l’Emmanuel “, “ Dieu avec nous“.
Le Seigneur en Jésus, Dieu fait Homme, partage notre sort et communie à notre vie.
En ce temps de Carême, retrouvons la véritable signification de la croix de Jésus.
Jésus Christ sur la croix est Dieu fait Homme solidaire de nos souffrances.
“ Il s’est abaissé lui-même jusqu’à mourir sur une croix. “
Le Seigneur est toujours dans le camp de ceux qui souffrent. sa toute puissance se manifeste justement dans sa libre acceptation de la souffrance . Il aurait pu ne pas le faire. D’ailleurs un soldat romain Lui a proposé : “Descend de ta croix si tu es vraiment Dieu. “
Non, Il a choisi de rester sur la croix jusqu’à la fin. L'agonie du Seigneur sur la croix, exprime son Amour pour l'humanité, son Amour pour chacun de nous.
Et non seulement il est resté sur la croix mais en plus Il est revenu à la vie, le troisième jour en tant que Ressuscité, en tant que Vivant pour toujours.
Il a tout supporté jusqu’au bout pour nous montrer qu’Il est le plus fort face au mal et qu’avec Lui nous pouvons nous aussi être forts face aux épreuves.
C’est dans les épreuves que l’on reconnaît les vrais amis. C’est sur la croix que nous reconnaissons le vrai Amour de Dieu qui vient porter, avec nous et en nous, nos croix.