Homélie 23è dimanche du Temps Ordinaire
Homélie :
Pourquoi nous mêler des affaires des autres quand nous n’aimons pas que les autres se mêlent de nos affaires ?
N’y a-t-il pas de l’hypocrisie à reprendre l’autre quand on sait qu’on est comme lui, capable de blesser quelqu’un, capable du péché ?
« Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » (Matthieu 7, 3) C’est Jésus qui parle ainsi dans un autre passage d’Evangile.
Et pourtant, nous ne pouvons pas ignorer l’Evangile de ce dimanche qui nous invite à la « correction fraternelle ».
Pour ne pas opposer la correction fraternelle et la vérité toute simple que personne ne peut se prétendre meilleur que les autres ; il faut alors se rappeler ce que Dieu désire pour nous depuis le début, depuis qu’Il se révèle à nous dans l’histoire de l'humanité.
Dans toute l’histoire du salut qui nous est racontée dans la Bible, Dieu se révèle comme Celui qui rassemble un peuple où tous les membres sont invités à être responsables les uns des autres. Le Seigneur n’a pas d’autre volonté depuis le début, que de nous aider à vivre ensemble.
Regardons la première lecture du prophète Ezéchiel : Le Seigneur demande à Ezéchiel d’être un « guetteur » pour la maison d’Israël ». Et tous les prophètes ont eu et ont encore ce rôle de « guetteur ».
Comme la sentinelle à la tour de guet, qui veille sur la ville et la population.
Alors, non, il n’y a pas d’opposition entre la correction fraternelle et la vérité que personne ne peut se prétendre meilleur que les autres.
Ce qui est contraire à l’amour fraternel, n’est-ce pas plutôt l’indifférence, le manque de dialogue ?
Il s’agit d’apprendre sans cesse à mieux vivre ensemble, en communauté, que ce soit la communauté paroissiale, ou familiale, ou encore municipale.
C’est à notre baptême que nous avons reçu cette responsabilité d’être des guetteurs et d’oser avertir.
Au moment du baptême, le célébrant fait un signe de croix sur le baptisé avec l’huile sainte (le saint Chrême) en disant : « Pour que tu sois, avec Jésus Christ, prêtre, prophète et roi. »
« Prêtre » : être capable de prier.
« Prophète » : être capable d’aimer en vérité.
« Roi » : être capable d’être responsable.
Pour conclure et pour la semaine qui commence en cette période de rentrée, voici le test des trois passoires ? :
Cela se passe au moment de la Grèce antique. Quelqu’un vient trouver Socrate, le grand philosophe, pour lui dire :
« Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ? »
Un instant, dit Socrate, avant de parler, utilise le test des trois passoires. Il est bon et sage de filtrer ce que tu veux me dire.
Première passoire : celle de la vérité : « As-tu vérifié si ce que tu veux me dire sur mon ami est vrai ? »
Deuxième passoire : celle de la bonté : « Vas-tu me dire quelque chose de bien sur lui ? »
Troisième passoire : celle de l’utilité : « Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ? »
Conclusion : Ce que tu veux me dire sur mon ami : « Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que c’est pour le bien ? Est-ce que c’est utile ? »
Ce test rejoint bien ce que nous avons reçu le jour de notre baptême, le jour de notre entrée dans la communauté paroissiale : prier, aimer en vérité et être responsable.