Homélie 4è Dimanche de Carême
Homélie : « Goûter et voyez comme est bon le Seigneur ! »
« Goûter et voyez comme est bon l’Amour du Seigneur ! »
Nous appelons l’Évangile de ce 4ème dimanche de carême : La parabole du Fils prodigue. Mais on peut aussi l’appeler la parabole du Père miséricordieux, plein de miséricorde et d’Amour.
Ainsi en appelant l’évangile de ce dimanche, la parabole du Père plein de miséricorde, le message de l’évangile devient moins la faute, le péché et devient beaucoup plus le pardon, l’Amour et la miséricorde !
Le terme miséricorde se dit en hébreu : « rahamim » qui est un mot au pluriel et qui signifie « les entrailles ».
Être miséricordieux, c’est être ému dans ses entrailles. La miséricorde ainsi est vue comme venant du dedans, comme une émotion remplie de bienveillance et d’amour comme celle d’une mère pour son enfant qu’elle a porté dans ses entrailles.
Arrivés à la moitié du carême, entendons ce message de l’Amour de Dieu dans la parabole du Père miséricordieux.
Si vous voulez bien, regardons de plus près l’attitude du père de la parabole envers ces deux fils.
Le fils aîné a une relation difficile avec son père et aussi avec son jeune frère.
Il parle de son père comme d'un patron. Le fils aîné dit à son père : « Il y a tant d'années que je suis à ton service ! »
Il est dans une relation de donnant-donnant avec son père. Et par rapport à son jeune frère, il montre de la jalousie. Son jeune frère est parti avec sa part d’héritage et il est revenu après avoir tout dépensé. Eh bien, pour le fils aîné, il n'est plus son frère. L’aîné dit au père en parlant de son jeune frère : "Ton fils que voilà".
Le fils cadet maintenant (le jeune frère du fils aîné) : Il a réclamé sa part d'héritage du vivant même de leur père, il a agi comme si, pour lui, leur père était déjà mort.
Il a dépensé toute sa part d’héritage avec insouciance, très rapidement. Et il s’est retrouvé très vite sans argent, sans rien pour dormir et pour manger. Alors nous ne sommes pas étonnés par ses motivations quand il décide de revenir chez son père.
A aucun moment il ne pense à la peine de son père et il ne pense pas du tout à son grand frère.
Il ne cherche qu'à trouver un endroit pour dormir et pour manger, pour ne pas mourir de faim. Il accepterait même de ne plus être considéré comme un fils mais plutôt comme un des ouvriers de leur père.
Regardons le père de la parabole : Lui, il est un père et il ne cesse pas d’être le père de ses 2 fils.
Au départ, le père respecte totalement la liberté de son fils cadet : « Tu veux partir ? Eh bien, tu peux partir. Voici ta part d’héritage. »
Le père n’abandonne pourtant pas son jeune fils en le voyant partir.
Dès le premier jour, le père attend le retour de son jeune fils tandis que le grand frère, lui, continue le travail sans s’inquiéter du jeune frère.
Et le père passe ses journées à attendre son jeune fils devant la maison.
Un jour, le père voit au loin la silhouette du fils cadet et le premier réflexe du père plein de miséricorde est de réagir avec ses tripes, avec ses entrailles, avec son cœur de père : Il court vers son fils prodigue.
Le père de la parabole va au-devant de son fils qui revient.
Celui qui revient n’a jamais cessé d’être dans le cœur du père : Un fils, son jeune fils !
Ainsi, au fils prodigue le père redonne le plus beau vêtement, une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Celui qui était parti, « qui était perdu est retrouvé ». Et il pourra repartir puisque le père lui remet des sandales aux pieds.
Comme l’autre fils qui revient de son travail aux champs n’a jamais cessé d’être dans le cœur du père : Un fils, son fils aîné !
Ainsi, au fils aîné le père dit ce qu’il lui a certainement déjà dit : « … tout ce qui est à moi est à toi. »
Dans la parabole du Fils prodigue que nous pouvons appeler aussi la parabole du père plein de miséricorde, l’attitude du père envers ses 2 fils nous décrit l’attitude de Dieu le Père (notre Père) envers chacun et chacune d’entre nous.
Comme le Père miséricordieux de la parabole, Dieu notre Père nous aime chacun et chacune d’entre nous.
Par cette parabole racontée par Jésus, prenons conscience que Dieu (le père de Jésus et notre Père du Ciel) respecte nos choix, même celui de le laisser de côté parfois.
Et le Seigneur Dieu est un Père qui est toujours prêt à nous accueillir quand nous revenons vers Lui.
Dieu le Père ne nous condamne pas mais nous attend en permanence avec son cœur plein de miséricorde.
A la moitié du Carême, reconnaissons humblement que notre comportement envers Dieu le Père n’est pas toujours à la hauteur de son Amour pour nous et que nous pouvons hélas parfois ressembler soit au jeune fils, soit au fils aîné.
Pour ses 2 fils, le Père est sorti, est allé dehors. Il est parti à la rencontre du fils cadet qui revient misérablement et il va aussi à la rencontre du fils aîné en colère qui ne veut plus rentrer dans la maison.
C’est nous qui prenons de la distance avec le Seigneur à cause de nos péchés, mais Lui, Dieu le Père, par Jésus (Dieu fait Homme) ne nous quitte jamais !
Nous pouvons retourner vers Lui à tout moment.
Quelquefois, nous sommes tentés de douter de son pardon, estimant que notre péché est trop grand. Dieu continue à nous aimer malgré tout. Son pardon est une effusion de miséricorde.
Le Carême est un temps favorable pour faire le point sur notre relation avec Dieu le Père qui nous aime et aussi pour faire le point sur nos relations avec nos prochains, sous le regard bienveillant de Dieu.
Voici pour conclure 2 citations du saint curé d’Ars (le père St Jean-Marie Vianney) sur le beau sacrement de la confession :
« En vérité, ce n'est pas le pécheur qui revient à Dieu pour Lui demander pardon, c'est Dieu qui court pour rejoindre le pécheur et ainsi le fait revenir à Lui. »
« Le Seigneur est toujours disposé à nous recevoir. Sa patience miséricordieuse nous attend ! »
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