• Introductions au lectures :

                L 1 : “ Par le prophète Isaïe, le Seigneur annonce la venue de son Envoyé : le Serviteur.”

                L 2 : “ Avec Jésus, Fils de Dieu et grand prêtre, l’humanité accède à Dieu en plénitude. »

    Homélie à partir de l'Évangile de Mc 10, 35-45 :

                En ce dimanche, Jésus nous dit ce qu’il pense de l’autorité : « Ceux que l’on regarde comme des chefs, … les grands font peser leur pouvoir. Que celui qui veut devenir grand, (avoir l’autorité,) soit votre serviteur. »

                Une question d’une brulante actualité :

                            - avec les pays de dictature où le pouvoir opprime les habitants.

                            - avec nos villes, nos villages où parfois l’autorité est très mal vécue notamment chez les jeunes.

                            - avec certaines situations professionnelles où l’autorité est subie et n’ouvre pas au dialogue.

                « Il ne doit pas en être ainsi parmi vous. » Tel est le message de Jésus en ce dimanche de prière pour les missionnaires dans le monde entier et aussi chez nous.

                Jésus serait-il contre les pouvoirs ? Non Jésus n’est pas un révolutionnaire naïf et anarchiste. Jésus n’est pas contre l’autorité, l’exercice du pouvoir.

                Dans tout groupe humain, il est nécessaire d’avoir un responsable ou encore une équipe responsable. Mais cette responsabilité n’est pas une situation de domination, c’est une situation de plus grand service.

                Ainsi, dans l’Eglise, les pouvoirs sont des ministères : « Ministerium » en latin qui signifie « serviteur ».

                Et le mot « autorité » vient du mot latin « auctoritas » qui lui-même vient du verbe « augere » qui a donné en français le verbe augmenter, c’est-à-dire « faire croître ».

                Oui, pour Jésus, l’autorité, l’exercice du pouvoir est le service d’une personne ou d’une équipe responsable pour aider les personnes à grandir et à devenir elles-mêmes responsables.

                La vraie autorité est dans l’écoute et dans la recherche des solutions avec les autres.

                A la suite du Christ, à chaque messe, nous sommes témoins que Jésus serviteur nous donne sa vie : « Voici mon Corps livré. »

                Prenons-nous au sérieux ce sacrifice du Christ qui nous invite à nous livrer avec Lui ?

                Attention, il est souvent trop facile de faire l’examen de conscience des autres, surtout de ceux qui ont une responsabilité, sans d’abord se demander comment j’exerce moi-même les situations d’autorité.

                L’autorité-service, l’autorité pédagogique qui fait grandir, n’est-ce pas une bonne nouvelle pour chacun et pour notre monde ?

                Qui est sous mon autorité ? Qui dois-je aider à faire grandir ? Qui dois-je aider à devenir responsable ?

                Certains ont bien compris la formidable efficacité de cette attitude du maître qui se fait serviteur. Et dans le monde de l’entreprise notamment, un chef d'entreprise Robert K. Greenleaf a développé toute une conception du management basé sur la notion du leader serviteur. Le véritable leader est celui qui est au service de la réussite de ses employés.

                Greenleaf avait repéré 10 attitudes qui sont caractéristiques du leader serviteur (du chef serviteur). Elles peuvent toutes être enracinées dans la parole et l'exemple de Jésus Christ :

    - l'écoute : savoir écouter la voix des autres.

    - l'empathie : se laisser toucher par le bonheur et le malheur des autres, chercher à les comprendre, à les reconnaître.

    - la guérison : la capacité de guérir l'autre pour lui permettre de s'intégrer de se transformer.

    - la conscience de soi pour avoir confiance en soi-même.

    - la persuasion, plutôt que la contrainte ou la domination.

    - la conceptualisation : la capacité d'imaginer, de penser au-delà du seul présent.

    - la clairvoyance : comprendre les leçons du passé, les réalités du présent, prévoir les conséquences probables des décisions.

    - l'esprit d'équipe.

    l'engagement dans l'évolution des personnes.

    - l'engagement communautaire : savoir construire une communauté, tisser des liens, renforcer le sentiment d'appartenance.

                Chacun de nous peut devenir un leader serviteur de ses clients, de ses collègues, de son équipe, mais aussi de sa famille, de son quartier, de son village, de son association, de sa paroisse… etc.

                Que l’Esprit de Jésus Christ nous garde vigilants, en tenue de service, dans tous les domaines où nous avons une responsabilité à exercer car la vraie autorité est dans l’écoute et dans la recherche des solutions avec les autres.

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  • Enseignement sur Jésus et les pharisiens

     

     

     

     

     

     

     

     

    Enseignement sur Jésus et les pharisiens

                « Ce n’est pas évident. » Oui, souvent « ce n’est pas évident. » Mais qu’est-ce qu’une évidence ? 2+2 = 4 c’est une évidence ! Et aussi : La ligne droite est le plus court chemin entre deux points. Ce sont des évidences mathématiques, géométriques.

                Mais comme on est loin de dire tout le réel. Tout n’est pas évident dans la réalité ! Et nous faisons chaque jour l’expérience que dans la réalité il n’y a pas que des choses visibles, évidentes, il existe aussi des choses invisibles, pas évidentes. 

    Les choses les plus profondes de la vie ne sont pas évidentes à vivre : la vie, la mort, la maladie, l’handicap, le besoin de relations, la paix, l’amitié, la foi, les relations familiales, les relations dans une communauté paroissiale… etc. Ces réalités ne sont pas des réalités mathématiques ! Nous les vivons le mieux possible avec ce que l’on est en apparence et surtout avec ce que l’on est à l’intérieur de nous !

                Ainsi Dieu est-il évident ou pas évident ?

                On peut penser que nous répondons tous que Dieu n’est pas évident. Puisque Dieu ne s’impose pas, la foi existe. Et nous avons cette liberté de croire ou de ne pas croire, ou plutôt nous avons cette liberté de chercher Dieu car on est tous un peu croyants (sensibles à ce qui est invisible à nos yeux mais visible à notre cœur).

                Et pourtant certains disent que Dieu est évident et s’impose comme une règle de vie à suivre, à l’exemple d’une formule mathématique, pour lui plaire: Ce sont les pharisiens !!!

                Un jour, un pharisien invite Jésus chez lui pour un repas. Et Jésus qui se présente comme le Fils de Dieu, ne fait pas les ablutions avant le repas : Il ne se lave pas les mains jusqu’au coude comme la Tradition des anciens l’exige pour être pur et, selon eux, plaire à Dieu. C’est évident il faut se laver les mains avant de manger mais on n’a pas besoin de se laver jusqu’au coude à chaque fois. Les pharisiens sont attachés à des gestes rituels pour les conforter dans leur relation avec Dieu. Pour les pharisiens c’est le rite qui compte avant tout ! C’est ce qui se voit qui compte avant ce qui ne se voit pas ! Jésus conseille au pharisien qui l’a invité à manger de laver également ce qu’il a à l’intérieur de lui (la cupidité, la méchanceté).

                Un autre jour, Jésus dit aussi à plusieurs pharisiens qu’ils donnent la dîme (le dixième de leurs récoltes sur toutes les plantes de leur jardin comme la menthe, la rue et d’autres plantes aromatiques utilisées en cuisine). Les pharisiens donnent ainsi une partie de leurs récoltes aux pauvres comme la Tradition des anciens l’exige ! C’est évidemment pour être irréprochable devant Dieu et devant les autres. Ce n’est pas avec leur cœur qu’ils donnent. Ils sont qualifiés d’hypocrites par Jésus. Les pharisiens et aussi les Docteurs de la Loi sont des spécialistes de la 1ère partie de la Bible, spécialistes des petits et des grands commandements pour, selon eux, plaire à Dieu.

                Et Jésus leur dit qu’ils ne comprennent rien à la volonté de Dieu ! Dieu ne peut pas être enfermé dans des rites à respecter. Trouver Dieu n’est pas si évident que le simple respect de rites.

                Et les pharisiens n’écoutent pas Jésus car pour eux il n’est qu’un habitant de Nazareth, un fils de charpentier, un vagabond qui marche avec ses disciples de villages en villages. Et pourtant beaucoup reconnaissent que Jésus enseigne avec autorité.

                Jésus le dit et le montre notamment en guérissant un aveugle de naissance (Jean 9, 39) : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : Pour que ceux qui ne voient pas puissent voir et que ceux qui voient deviennent aveugle. »

                Nos yeux sont faits pour capter la lumière extérieure. Nos yeux ne voient pas toute la réalité ! C’est évident ! « L’essentiel n’est pas visible par nos yeux, il n’est visible que par le cœur. » (« Le petit Prince » de Saint Exupéry).

                La réalité n’est pas dans l’évidence du voir. Dieu n’est pas dans un rite. Dieu ne se trouve pas dans un comportement.

                Dieu est une personne : Jésus Christ ! Et même Dieu est 3 personnes (3 hypostases : le Père, le Fils, l’Esprit Saint). Dieu est unique et existe en 3 personnes. Dieu n’est donc pas une évidence !

    On n’entre pas en relation avec Dieu dans un « voir » mais dans un « croire ». « Croire » est tellement humain et divin à la fois ! 

                A l’image de Dieu nous sommes des hypostases : Nous avons « une essence » et une « existence » (« un être » et « un faire »). Pour connaître Dieu, je ne dois pas rester au niveau du « faire ». Je dois m’impliquer dans ce que je suis : « mon être », « mon essence ». « Voir » Dieu dans des rites, dans des règles, c’est évident pour les pharisiens et cela ne les engagent pas trop personnellement. Mais « croire » n’est pas évident car c’est s’approcher, oser la rencontre. Ainsi Dieu se fait connaître en Jésus Christ et encore plus se rend présent en nous par son Esprit Saint, son Amour.

                Si, un jour quelqu’un vous dit : « Toi, tu as de la chance de croire. Cela semble être une évidence pour toi ! » Répondons bien que la foi ne se voit pas avec nos yeux dans des rites, dans le « faire ». Mais la foi est cohérence avec la vie, avec notre « être », avec « notre existence (notre hypostase). Ce n’est pas Dieu qui est fait à notre image. C’est nous qui sommes faits à son image. Par conséquent, ne cherchons pas Dieu à l’extérieur de nous, il n’est pas là. Dieu est en chacun de nous !

                Merci Seigneur notre Dieu de nous rappeler que nous ne sommes pas des robots mais des êtres avec un cœur qui est à l’image et à la ressemblance de ton Cœur !!!

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  • Homélie à partir de l'Evangile du jeune homme riche : 

    « Une seule chose te manque : Va, Vends … Viens, suis-moi. » les trois "V" du disciple du Christ ! 

      De dimanche en dimanche, nous découvrons ou redécouvrons comment Jésus accueille chaque personne : il regarde chacun tel qu’il est. Il voit le cœur et non les apparences : « Jésus pose son regard » sur l’homme riche… comme il a posé aussi son regard sur la Samaritaine, sur Zachée, sur Bartimée, sur la veuve, sur Pierre, sur chacun de ses apôtres, sur … chacun de nous, sur … ceux et celles que nous lui confions dans la prière, sur …

      Voici donc un homme riche qui situe sa relation à Dieu dans un schéma de mérite et de récompense, de vertu qui donne des droits.

    " Que faut-il FAIRE pour AVOIR la vie éternelle ? " 

      Et Jésus le Christ ne refuse pas la question… Au contraire ! "Tu connais les commandements" lui dit-il. Et ce fut l’occasion pour cet homme de se rappeler les commandements sans oublier d’en revendiquer la pratique et de faire état de sa vertu.

      Le dialogue aurait pu s’arrêter à ce constat mais c’est justement cet aveu de perfection qui permet à Jésus Christ d’aller plus loin. "Posant son regard sur lui, dit l’Évangile, Jésus se mit à l’aimer." Non pas qu’il ne l’aimait pas auparavant mais parce que Jésus veut situer le dialogue à un autre niveau, celui de l’Amour et de l’Alliance et non plus celui du permis et du défendu.

      "Une seule chose te manque", dit Jésus à cet homme riche venu à sa rencontre. "Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et puis viens et suis-moi." 

    « Une seule chose te manque : Va, Vends … Viens, suis-moi. » les trois "V" du disciple du Christ ! 

      Je vous propose de nous laisser interpeller par cette façon de dire : "Une seule chose te manque"… Ne croyez-vous pas que, dans nos vies, beaucoup de choses changeraient si nous comprenions mieux ce qu’est cette "seule chose qui nous manque" ? Et cette "chose" est différente pour chacun… mais s’il fallait la ramener à ce qui nous est commun, je parlerais de dépassement de soi. Il y a dans notre vie, je crois, un appel au dépassement de soi, c’est-à-dire à dépasser nos médiocrités ou nos bonnes consciences pour atteindre la joie du don total à Dieu et à ce que pour quoi nous sommes appelés à vivre aujourd’hui sur cette terre.

    Il n’y a pas la joie sans dépassement de soi parce qu’il n’y a pas de bonheur dans la tiédeur ou la demi-mesure.

     

      L’être humain n’est grand que dans la conscience et la rencontre de ce qui le dépasse. Non pas de ce qui l’anéantit, mais de ce qui lui révèle la véritable mesure de ce qui fait sa grandeur.

      Et voici donc cet homme riche de l’Évangile appelé à entrer dans un autre chemin de perfection : celui de l’Amour et de l’Alliance et non plus celui du permis et du défendu.

      Mais "il devint triste, dit l’Évangile, car i1 avait de grands biens". La possession devient une prison alors que la pauvreté conduit à la liberté. Mais ne confondons pas ! L’Évangile ne fait pas l’éloge de la misère qui est un autre enfermement. Il invite à la pauvreté faite de dépossession, de dépassement de soi, de vulnérabilité, de fragilité… là où le coeur de pierre fait place au coeur de chair.

      Nous vivons dans un monde où la tristesse l’emporte trop souvent sur la vraie joie. Il y a la morosité et le désenchantement qui sont souvent les fruits de nos insatisfactions et de nos déceptions. C’est l’amertume de ceux qui s’enferment dans les prisons de leurs possessions. Il nous faut donc choisir et découvrir où est la vraie liberté. VA, VENDS et VIENS, dit Jésus le Christ, il faut une grande et belle liberté intérieure pour répondre à cet appel.
     Au-delà des mots, il y a une expérience à vivre.

    Une seule chose manque à cet homme riche : le manque, c’est à dire l’audace d’une fragilité assumée !

      Il est tellement comblé de tout, qu’il ne peut se séparer de rien. Il ne parvient pas à intégrer en lui, ce manque, cet écart nécessaire à toute relation. Il ne parvient pas à creuser en lui le désir d’ÊTRE et de VIVRE.

      Dès lors, dans nos relations humaines, lorsque le manque vient à manquer et que nous sommes assis dans une forme de routine, la tristesse n’est jamais loin. Oui, il y a vraiment un "manque" qu’il nous faut gagner ! Il est cet espace qui nous permet de respirer, cet écart nécessaire pour accueillir l’imprévu. Il est cette absence de certitude qui creuse notre désir d’altérité, il est cette distance qui nous donne soif de rencontres, et le courage d’aimer sans posséder.

    Il est ce silence qui nous permet de prier ; ce risque qui donne confiance ; ce vide qui fait grandir notre espérance.

      Jésus Christ nous appelle à vivre cette audace qui accueille la fragilité, le manque, l’incertitude, le doute comme autant de possibilités de grandir, de s’épanouir, d’avancer. Pour ceux qui se risquent à vivre cette audace de la fragilité au quotidien, la vie éternelle n’est plus envisagée comme une récompense, mais comme un don de chaque instant. 

    Vivre la fragilité, ce signe intérieur de richesse :

      C’est en effet changer notre regard sur le temps qui passe, redécouvrir ce qu’il est pour nous réellement : autant de moments où l’éternité de Dieu peut faire irruption dans notre histoire. Car l’éternité de Dieu, ne se possède pas. Elle se reçoit au quotidien, dans la gratuité. Alors, dans cet esprit d’ouverture et d’audace, les fruits que nous récolterons seront la patience, la bienveillance et une vraie sagesse de vie. Vivre cette audace de la fragilité, c’est finalement se rendre disponible à la présence de Dieu dans nos vies. C’est regarder l’humain, comme Jésus l’a fait, avec les yeux de la bienveillance et non de la performance, de la gratuité et non du profit. S’il en est ainsi, osons vivre de cette fragilité et nous nous découvrirons toujours plus par le regard aimant de Dieu. Alors, aimer, consistera à trouver la vraie richesse hors de nous-mêmes.

      Nous constatons qu’en nous invitant à le suivre, Jésus Christ ne dit pas que la renonciation aux richesses est un but en soi mais une exigence préalable pour devenir un disciple du Christ. Chacun et chacune doit renoncer à ce qui l’empêche de répondre à cette invitation : « Va, Vends … Viens, suis-moi. » les trois "V" du disciple du Christ !

    Jésus appelle d’abord et avant tout au dépassement de soi. Pour l’homme riche, se dépasser eût été de se détacher de ses trop grands biens. Pour d’autres, ce sera d’oublier ses titres, ses réussites, son orgueil, de changer sa façon de traiter les autres, de corriger son manque de générosité, son égoïsme, sa paresse, etc…

    L’important est de se libérer, chacun à sa façon, pour être dans la joie de suivre Jésus le Christ.

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    Introductions aux lectures :

                Genèse (2, 18-24): “Le Seigneur dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra...”.

                Hébreux (2, 9-11) : “Le créateur et maître voulait avoir une multitude d’enfants à conduire à la gloire... Jésus qui sanctifie, et les hommes qui sont sanctifiés, sont appelés FRERES...” .

    Homélie :

                “ Dieu vit que cela était bon”. C’est ce que le Seigneur a dit quand il a tout créé.

                Dieu dit que la création est bien faîte.

                Reprenons si vous le voulez bien la première lecture de la Genèse sur l’homme et la femme.

                C’est le texte de la Genèse. Ce texte n’est pas un texte scientifique bien entendu : il ne nous dit pas comment le monde a été créé mais pourquoi il a été créé.

                Déjà Dieu crée l’homme. Et puis, le Seigneur sait qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul, alors il va créer la femme.

                Donc, première volonté du Seigneur : Dieu veut que l’être humain soit Homme et Femme.

                Et Dieu commença une opération délicate. Il prit de la chair du côté d’Adam, pour créer Eve.

                Le côté d’Adam signifie son coeur. Eve est créée à partir du coeur de l’homme qui a été créé par le coeur de Dieu.

                Donc voici la deuxième volonté de Dieu : le Seigneur veut que l’homme et la femme soit de même nature.

                Tous les deux sont issus du cœur de Dieu.

                Puis, troisième volonté de Dieu : “L’homme et la femme quitteront leur père et leur mère et ne feront plus qu’un”.

    - première volonté du Seigneur : Dieu veut que l’être humain soit Homme et Femme.

    - deuxième volonté de Dieu : le Seigneur veut que l’homme et la femme soit de même nature (tous les deux sont issus du cœur de Dieu).

    - troisième volonté de Dieu : “L’homme et la femme quitteront leur père et leur mère et ne feront plus qu’un”.

                Voilà c’est le début de la famille !

                La famille est un lieu indispensable pour le développement de chacun.

                La famille a bien sûr son utilité sur le plan social.

                Mais, bien plus, elle a une place particulière dans l’expérience humaine de chacun.

                Si bien que quand la famille n’existe pas ou est en difficulté, les personnes vivent dans l’épreuve, dans un manque de repères.

                La famille est un lieu où la vie peut se développer :

                La famille est le lieu des grands moments de la vie : la naissance, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte, la vieillesse et le départ vers Dieu quand le moment est venu.

                Alors, nous avons tous des souvenirs de repas en famille où ces étapes sont vécues dans la peine ou dans la joie.

                La famille est bien le lieu de la peine ou de la joie : c’est le lieu de la vie, de l’amour, du partage, du bonheur de ne pas être seul au monde.

                A partir de la famille, nous apprenons à respecter les autres, qui vivent la même chose ou qui n’ont pas la chance de connaître une famille unie.

                Surtout ne jugeons pas ce qui arrive aux familles en difficulté.

                Sachons reconnaître que Dieu ne les condamne pas, et que l’Eglise ne condamne pas les familles en difficulté.

                Voilà, une autre famille qui est l’Eglise avec un grand “E”.

                Avec l’Eglise, Dieu nous donne la possibilité de connaître une famille, en particulier lorsque la nôtre est dans l’épreuve.

                L’Eglise est appelée à être justement ce lieu où chacun peut retrouver les repères indispensables pour vivre.

                Je dis bien que l’Eglise est invité à être un rassemblement de tous les baptisés et à laisser sa porte ouverte aux personnes en recherche.

                Voilà pourquoi le prêtre ne fait pas tout et que chacun est invité à prendre sa place dans la vie de l’Eglise.

                Tout à l’heure, je vous disais que la famille est le lieu des grands moments de la vie. Et dans l’Eglise nous partageons aussi les grands moments de la vie : la naissance, l’enfance avec le catéchisme, l’adolescence avec l’aumônerie, l’âge adulte avec les engagements dans l’Eglise, et le départ auprès du Seigneur.

                Ne soyons donc pas étonnés que des laîcs accompagnent le prêtre à ces différents moments importants de la vie des gens.

                La famille est le plus beau cadeau que Dieu peut nous faire : et il le fait en particulier par l’Eglise.

                Alors, aimons notre Eglise, notre assemblée avec ses défauts et aussi avec ses qualités : notre Eglise avec un grand “E” peut devenir une famille pour nous si nous voulons bien croire que le Seigneur l’a faîte dans ce seul but : être une grande famille.

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                Homélie à partir de l'Évangile de Mc 9, 38-48

                Personne n’a aimé les autres autant que Jésus.

                Jésus a toujours un regard positif sur ceux qu’il rencontre. Il voit en l’autre ce qu’il y a de meilleur.

                Et nous, quand nous regardons quelqu’un, que remarquons-nous en premier. En général, nous remarquons les défauts physiques ou encore les défauts de comportement.

                Ce sont rarement les qualités que nous voyons en premier. Ou si nous voyons des qualités en l’autre c’est souvent par comparaison avec une autre personne qui, elle, n’a pas ces qualités.

                Nous l’avons compris, nous avons beaucoup de progrès à faire dans le domaine du respect des autres.

                Revenons à Jésus : quel est le comportement de Jésus devant quelqu’un qui n’est pas aimé ?

                - Par exemple, devant la Samaritaine, devant cette femme qui est rejetée; Jésus ose lui parler et lui demander un verre d’eau.

                - Devant les enfants qui font du bruit en jouant, Jésus ne les repoussent pas, il va vers eux et dit à ses apôtres qu’ils devraient plus souvent leur ressembler.

                - Devant Zaché qui est un voleur, Jésus ne le rejette pas; il s’invite chez lui; il mange avec lui et Zaché est transformé, est sauvé de son vice : il ne volera plus les autres.

                Jésus n’a jamais dit, il n’y a rien de bon dans celui-là ou dans celle-là.

                Pour Jésus, les autres, quels qu’ils soient, quels que soient leurs actes, leur statut social, leur réputation, les autres sont toujours des personnes dignes d’être aimés : Dieu aime sans faire d’exception.

                Et, justement il s’agit bien d’aimer.

                Jésus aime l’autre de manière désintéressée. Il le respecte et l’aime.

    Jésus regarde en l’autre ce qu’il a de meilleur.

                Alors, l’autre se sentant aimé comme il ne l’a jamais été, découvre tout le bien qu’il a en lui, tout le bien qu’il est capable de faire.

                Et cet autre touché par l’amour de Jésus choisit d’aimer à son tour en faisant du bien autour de lui.

                Pour respecter quelqu’un en vérité, sans tricher; il s’agit effectivement de l’aimer.

                Voilà pourquoi, Jésus utilise des phrases qui choquent dans l’Evangile d’aujourd’hui :

                “Si ta main est pour toi une occasion de péché, coupe-la. ... Si ton pied est pour toi une occasion de péché, coupe-le. ... Si ton oeil est pour toi une occasion de péché, arrache-le.”

                Evidemment il ne faut pas prendre ces expressions à la lettre : autrement, on serait pratiquement tous avec une main, un pied ou oeil en moins !

                Mais ces phrases veulent nous secouer, nous interpeler vivement.

                Que faisons-nous des compétences que Dieu a mis en nous ? Si nous ne savons pas utiliser les dons que nous avons et en faire bénéficier les autres, alors à quoi ça sert d’avoir les dons que nous avons ?

                C’est cela le péché : refuser d’aimer Dieu qui nous apprend à nous aimer et à aimer les autres.

                Dans le “Je confesse à Dieu... “, nous disons que nous avons péché en pensées, en paroles, par action et par omission.

                Le péché est le non respect de ce que je suis et de ce que l’autre est.

                Plus nous avançons dans la foi en Jésus, plus nous nous apercevons de tout ce que nous pouvons faire, de toutes nos capacités.

                Est-ce que mes capacités, je les utilise pour moi seulement ou est-ce que je les utilise au profit des autres. Et les autres ont-ils conscience de leurs compétences et est-ce qu’ils les utilisent aussi au profit du plus grand nombre ?

                Respecter les personnes en vérité c’est les aimer : c’est-à-dire leur faire bénéficier de nos compétences pour qu’à leur tour ils nous fassent bénéficier des leurs.

                Aimer quelqu’un c’est permettre une relation d’égal à égal.

                Autrement, ce n’est pas aimer en vérité, c’est tomber dans le mépris de l’autre, l’orgueil : c’est tomber dans un renfermement qui n’apporte rien à l’autre donc qui ne peut rien m’apporter non plus.

                Rappelons-nous que nous sommes faits à l’image et à la ressemblance de Jésus : donc plus nous apprendrons à connaître Jésus, plus nous apprendrons à nous connaître et à connaître les autres.

                Plus nous apprendrons à aimer à la manière de Jésus, plus nous apprendrons à nous aimer et à aimer les autres.

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    MESSE DU 25è Dimanche du Temps Ordinaire année B avec la fête de Saint Hubert

    Accueil : Aujourd’hui, nous sommes rassemblés pour deux grandes raisons : tout d’abord parce que c’est la veille du dimanche le jour consacré à la prière, à l’écoute de la Parole de Dieu et à l’Eucharistie, ensuite parce que c’est la fête de Saint Hubert.

    A l’occasion de cette fête, sont présents les sonneurs de Trompes de Chasse de Gien.

    Les deux raisons de notre célébration ont un point commun : que ce soit la messe de la veille du dimanche ou la fête de Saint Hubert, toutes les deux nous offrent la joie de se rencontrer, de se rassembler et de vivre un moment ensemble. Qui dit « ensemble » dit efforts de chacun pour que tout se passe bien : c’est le message de la Parole de Dieu de ce dimanche 23 septembre.

    Introductions aux lectures : 

                Lecture 1 : « Combien de temps, … vais-je t’appeler au secours. » Notre foi en Dieu a des hauts et des bas. Mais l’essentiel est de conserver la foi dans la fidélité à Dieu.

                Lecture 2 : Réveillons en nous le don de Dieu : « la foi en Jésus-Christ, … grâce à l’Esprit Saint qui habite en nous. »

                Homélie :

                Saint Hubert était un évêque en Belgique. Un siècle après sa mort, ses reliques ont été transférées dans un monastère au cœur de la forêt des Ardennes. Et c’est au cœur de la forêt, dans ce pays de chasseurs que Saint Hubert est adopté par les chasseurs comme leur saint patron.

    Il y a deux raisons qui explique la dévotion des chasseurs envers Saint Hubert. Une raison du temps de son vivant et une autre après sa mort.

    - De son vivant, Saint Hubert est devenu chrétien après avoir vu un cerf  qui portait une croix sur sa tête entre ses bois.

    - Après sa mort, la prière devant les reliques de Saint Hubert a permis des guérisons contre la maladie de la rage.

                En cette messe de Saint Hubert, que nous soyons croyants ou non croyants, nous avons tous entendu la même Parole de Dieu qui nous parle de la foi et de la foi en Dieu qui se fait connaître par Jésus, et par Jésus sur la croix nous dirait Saint Hubert.

                De quelle foi, il s’agit ? Pour quelqu’un qui n’a pas la foi, Dieu peut être imaginé comme le chef suprême qui ne se préoccupe que de son pouvoir sur l’humanité.

    Ou encore, pour quelqu'un qui n’a pas la foi, Dieu peut ne pas exister.

    Or, la foi, c’est croire que Dieu existe ; et qu'il n’est pas une puissance de domination mais une puissance de service.

    Jésus sur la croix, est la seule et véritable image de Dieu. Dieu est le plus grand, dans le service, dans le don de soi-même par Amour.

    Il n’y a pas un seul être au monde qui soit autant serviteur que le Seigneur notre Dieu. Parce qu'il est l’Amour, il est le Service.

    C’est ce que les apôtres découvrent auprès de Jésus. Dieu prend le risque de ne pas être compris en Jésus-enfant, en Jésus lavant les pieds de ses apôtres, en Jésus crucifié.

    Et, aujourd’hui encore, Dieu se rend présent dans les plus petites choses : les plus petits gestes de partage, les plus petits services rendus, il veut se rendre présent dans un peu de pain, dans un peu de vin que nous recevons à la messe ; et ainsi il veut se rendre présent par chacun de nous.

    « Ce que vous faîtes aux plus petits, c’est à moi que vous le faîtes. »

    Si telle est la grandeur de Dieu, dans le service ; cela a des conséquences sur la vision de nous-mêmes, et de l’être humain en général.

    Que voyons-nous autour de nous ? C’est toujours la position de force qui est recherchée en premier. Il y a des dominés et des dominants.

    Et si le dominé devient le dominant, cela ne change rien : il y a toujours un plus fort et un plus faible. L’essentiel est alors de rester le plus fort le plus longtemps possible.

    Dieu, en Jésus, propose une autre façon de vivre ensemble. Que le dominant accepte de se mettre au service du dominé. Il reste dominant, mais par le sens du service, il n’écrase plus.

    Il s’agit d’une conversion à l’intérieur de soi-même : un changement de notre cœur … chercher à mieux connaître les autres dans le dialogue.

    Alors, se rassembler au nom de la foi, c’est retrouver le grand sens du service, dont Dieu lui-même est l’exemple en Jésus Christ?

                Notre devoir sur cette terre, est de se rendre compte que nous ne pouvons pas vivre seul au monde.

    Saint Hubert peut nous aider à entendre les lectures de ce dimanche. En effet, Saint Hubert, dans la forêt, a dépassé les apparences pour découvrir quelque chose d‘essentiel. Il a dépassé l’apparence du cerf qu'il avait en face de lui, pour découvrir en lui, le pourquoi de son existence : parce que le Seigneur a voulu qu'il existe.

    Il a découvert cette croix entre les bois du cerf : ce qui signifie que ce qui nous entoure a été voulu par Quelqu’un que nous appelons Dieu, ou encore le Seigneur, ou encore le Christ.

    Si l’on croit que rien n’a été fait par hasard, alors au delà des apparences, il y a un cœur.

    Croire, avoir la foi, c’est ne pas s’arrêter à ce que l’on voit avec nos yeux, mais c’est regarder avec le cœur, et en regardant avec le cœur on sera toujours surpris de découvrir que le monde, la nature et nous-mêmes (les êtres humains) nous sommes faits pour vivre ensemble et non pas l’un à côté de l’autre ou pire l'un contre l'autre. Nous sommes faits pour vivre les uns avec les autres : c'est le plus grand service que nous pouvons nous apporter : les uns avec les autres en tenant compte des différences de chacun.

    Merci Seigneur Jésus Christ de nous donner Saint Hubert comme exemple de vie en harmonie avec la nature et avec les charismes, les dons de chacun de nous.

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    Homélie à partir de l'Évangile de Mc 8, 27-35 : 

                Et si j’étais à sa place, je ne ferais pas comme ça. Et si j’étais à la place de Dieu, je ne ferais pas comme lui. 

                C’est un réflexe que nous avons parfois de penser à la place des autres; et surtout de penser que c’est nous qui avons raison et non pas l’autre. 

                Alors, quand Jésus dit en parlant de Lui : « Il faut que le Fils de l’homme souffre, qu’il soit rejeté, qu’il soit tué et que le troisième jour il ressuscite ! » 

                Ce n’est pas possible, pensent les apôtres. Si Jésus est le Messie, l’Envoyé de Dieu, Fils de Dieu fait Homme, il ne peut pas se laisser clouer sur une croix. 

                Mais qui est Jésus en vérité ? Et, qui sommes-nous, nous qui croyons en Jésus ? 

    Qui est Jésus en vérité ? « Pour vous qui suis-je ? » 

                Dieu, en Jésus, se montre tel qu’il est en vérité. Dieu n’est pas tout puissant à la manière des hommes. Il est Tout puissant à sa manière ! 

                La toute puissance de Dieu est une toute puissance d’Amour. Dieu est Tout Amour. 

                Donc, oui, seul Jésus qui se livre volontairement à ses bourreaux, peut donner une idée exacte de la véritable nature de Dieu. 

                Dieu se montre comme le Tout Amour en Jésus : il se révèle comme celui qui se veut humble devant les hommes, c’est-à-dire, désarmé, vulnérable. 

                La croix de Jésus-Christ est la preuve éclatante de l’immensité de sa générosité en notre faveur. 

                Jamais Dieu ne s‘est présenté aussi clairement, je pourrais dire aussi Dieu, que dans le formidable dépouillement de la croix. 

                Et, nous, en 2018, quelle représentation nous faisons-nous de Jésus-Christ, de Dieu ? 

                Nous aimerions peut-être que Dieu intervienne plus directement dans nos vies. Qu’il impose sa présence et que tout le monde soit obligé de suivre ces commandements. 

                Rappelons-nous : lorsque Jésus était sur la croix, des soldats se sont moqués de lui. “Toi qui te prétends être le Messie, Fils de Dieu fait Homme; délivre-toi tout seul et descend de ta croix”. “Si tu es vraiment Fils de Dieu, alors cela ne devrait pas être difficile de te détacher de ta croix.” 

                Jésus n’a donné qu’une seule réponse à ces moqueries : Lui, qui est Fils de Dieu, il a accepté de rester clouer sur la croix. 

                Jésus ne pouvait pas donner une autre réponse, s’il voulait révéler sa véritable nature divine. 

    Dieu est amour, et non pas violence; Dieu est humble et non pas un dictateur. 

                Alors, si Dieu est ainsi, qui sommes-nous, nous qui croyons en Dieu qui se révèle Tout-Amour en Jésus ? 

                Hé bien, nous, nous sommes ceux qui acceptons d’avoir comme Dieu, Jésus crucifié. 

                Nous acceptons de croire en le Seigneur qui se veut effacé, tout donné. 

                Croire en Dieu devient, alors, une manière de se comporter, une manière de vivre. 

                Croire en Dieu, c’est comme Jésus, accepter de prendre sa croix. C’est-à-dire accepter de se donner sans rien attendre en retour. 

                Après avoir demandé : « Pour vous qui suis-je ? », Jésus nous demande : « Pour vous qui êtes –vous ? » 

                Quel sens donnons-nous à notre vie ? Pour nous, la vie est faîte pour être enfermé ou pour se donner ? 

                Chaque Eucharistie nous le rappelle la vie est faîte pour être donnée. « Quand le Seigneur nous dit : « Voici mon Corps livré, voici mon Sang versé… » il nous demande « qu’avez-vous à livrer, à donner avec Moi… ? » 

                Là où nous vivons, il n’y a pas de plus grand amour, il n’y a pas de plus grande joie, que de donner sa vie.

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  • Homélie du 23è dimanche du Temps Ordinaire

           

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

        Homélie à partir de l'évangile de Mc 7, 31-37

                Il y a dans la Bible, et en particulier, dans l’Evangile, de très beaux récits de rencontre. L’Evangile de ce dimanche fait partie de ces belles histoires de rencontre.

                Et c’est une histoire qui est racontée depuis plus de 2000 ans. Et, donc, ceux qui viennent régulièrement à la messe l’ont déjà entendue plusieurs fois.

                Alors, parfois, nous pouvons l’écouter à moitié ou pas du tout. On serait, alors, certainement, un peu sourd lorsque l’on entend plusieurs fois le même Evangile !

                Pourtant, c’est une histoire qui peut encore exister aujourd’hui, car le sourd-muet c’est parfois nous-mêmes.

                Je vous propose, si vous voulez bien, de reprendre l’histoire de la rencontre entre Jésus et un sourd-muet, comme si on la découvrait pour la première fois.

                Au début de l’Evangile, on nous parle de Jésus qui fait un grand voyage et qui part en direction du lac de Galilée qui se trouve au nord de la Palestine.

                Des gens apprennent son arrivée. Et une foule arrive vers lui. Cette foule lui présente un sourd-muet.

                Mais, écoutez bien ce que fait Jésus, en premier. Jésus emmène le monsieur sourd et muet à l’écart, en dehors de la foule.

                Jésus ne veut pas se donner en spectacle. Il agit pour celui ou pour celle qui se tourne vers lui. Il ne cherche pas les honneurs.  Au contraire, il va plus tard accepter de mourir sur une croix.

                C’est quelque chose que nous pouvons retenir : se mettre à l’écart, est l’attitude idéale pour avoir une saine relation avec le Seigneur. Lorsque nous voulons prier, Jésus nous demande de nous retirer à l’écart : cela veut dire d’être disponible à l'écoute de Dieu. Si nous prions en ne cessant pas de parler, sans jamais se taire. Alors, la prière devient un défoulement : pourquoi pas.

    Mais, on ne peut rien recevoir si on n’arrive pas à faire silence. En parlant beaucoup ou en étant en permanence dans l’inquiétude, on devient sourd.

    Et l’inquiétude entraîne une inquiétude encore plus grande.

                Alors que la prière est une confiance en Dieu qui peut, si nous nous laissons faire, nous aider à trouver la meilleure chose à faire ou à dire en cas de difficulté.

                A l’écart avec le sourd-muet, Jésus ne se contente pas de dialoguer, il fait aussi des gestes.

                Il met ses doigts dans les oreilles du sourd. Il utilise sa salive.

                Puis, il lève les yeux au ciel et seulement à ce moment là il dit : “Effata !” qui veut dire “Ouvre-toi !”.

                Jésus nous connaît bien. En effet, nous ne sommes pas seulement des personnes qui dialoguons. Nous communiquons aussi en faisant des gestes ou tout simplement par notre regard. Nous avons un corps et une âme.

                Aussi, un simple geste suffit parfois pour dire beaucoup de choses.

                Se mettre à l’écart, faire des gestes et ensuite dialoguer, parler : c’est exactement ce que l’Eglise fait, à la suite de Jésus Christ, pour nous lorsque nous recevons un sacrement.

                Prenons l’exemple du baptême :

                - à l’écart ? : Oui dans une église.

                - des gestes ? : Oui le geste de l’eau bénite, de l’huile sainte, du vêtement blanc, de la lumière.

                - une parole ? : Oui, “Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.

                Prenons aussi l’exemple de la communion à la messe :

                - à l’écart ? : Oui dans une église et à l »écart de nos activités quotidienne (cela fait du bien de s’arrêter à la fin d’une semaine et au début d’une autre.

                - des gestes ? : Oui il y en a plein au cours d’une messe; Marcher, se lever, s’assoir, se serrer la main, faire le signe de la croix, manger l’hostie.

                - Une parole ? : Oui “Amen”. Oui je suis d’accord. Oui c’est du solide pour moi.

                Il y a tous les autres sacrements qui sont construits de la même façon : Même la confession, le sacrement du pardon est construit de cette façon.

                A l’écart, puis des gestes et ensuite une parole de pardon.

                En écoutant l’Evangile : Est-ce que nous faisons attention à tout ce que fait Jésus ?

                Trop souvent nous essayons de retenir ce qui est dit mais pas forcément ce qui est fait.

                Or, Jésus ne parle jamais pour ne rien dire.

                Ce qu’il dit est préparé par ce qu’il fait.

                Et il continue à agir de cette façon par les sacrements qui sont donnés dans l’église.

                Oui, Seigneur vient réveiller nos cinq sens (« Effata »), vient ouvrir, purifier nos 5 sens pour que nos paroles et nos actes soient réellement adaptés à ceux que nous rencontrons.

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  • Homélie du 22è dimanche du Temps Ordinaire

      

     

     

          Nous retournons à la lecture de l’évangile de St Marc après  le discours sur le pain de vie de l’Evangile de St Jean que nous avons entendu pendant cinq dimanche en juillet et en août.

             Le pain se trouve à nouveau au début de l’évangile de st marc de ce dimanche : « les disciples mangent les pains sans s’être lavés les mains. »

             Les pharisiens accusent donc: Pourquoi ne suivent-ils pas la tradition des anciens ?

             Bien sûr, il faut se laver les mains avant de manger, avant un repas.

             En ce dimanche, juste avant la rentrée scolaire, Jésus veut nous dire que le plus important n’est pas de se limiter au nettoyage des mains mais aussi et surtout de se laver le cœur.  Jésus nous invite à faire la vérité dans tous nos actes, dans tout ce que nous faisons : de faire la vérité dans nos actes religieux et dans nos actes quotidiens.

             Il parle de l’hypocrisie : On fait davantage attention à notre apparence et on néglige ce qui se passe  à l’intérieur de nous, dans notre cœur.

             Comment un geste qui ne vient pas de l’intérieur de l’homme peut-il être un geste vrai, un geste du cœur.

             Et Jésus cite un passage du prophète Isaïe (29,13) : « Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »        Heureusement, dans la vie quotidienne, nous sommes capables de gestes humains pleins d’attention.

    Pour la semaine qui commence, Jésus nous demande simplement cette même attention du cœur.

             C'est de « l’intérieur », du cœur de l'homme que sortent les bonnes ou les mauvaises pensées à l'origine de nos actes.

             Mais où se trouve ce « dedans », cet intérieur de l’homme ? Où se trouve notre « intérieur ».

             « Notre intérieur » est le lieu de la présence.         

             « Notre intérieur » est le lieu de notre manière d’être au monde.

             « Notre intérieur » est le lieu de notre manière d’être présent aux autres.

             « Notre intérieur » est dans la connaissance et dans la reconnaissance de l’autre.

             « Notre intérieur » est le lieu où Dieu vient à notre rencontre et peut y demeurer.

             Jésus nous dit dans un autre passage d’évangile (Jean 14,23) : «  Si quelqu’un m’aime, il garde ma parole en lui, mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons en lui notre demeure. ».

             Pour découvrir son intérieur, on peut, tout simplement, fermer les yeux : non pas pour se retrouver dans le noir, mais pour se retrouver avec soi-même, avec la présence du Seigneur en nous.

             Le plus important n’est pas de se limiter au nettoyage des mains mais aussi et surtout de se laver le cœur.

              En prenant soin de « notre intérieur », de notre cœur, nous prenons soin de notre visage et de notre comportement : sur notre visage et dans notre comportement se reflète « notre intérieur » et la présence de Dieu en nous.

             C’est de son intérieur que chacun de nous est présent au monde, aux autres, et donne à voir la présence du Seigneur.

             Cet évangile peut nous inviter à faire notre examen de conscience : il y a des paroles qui sonnent creux. Elles ne correspondent pas à des sentiments vrais.

             Nous n’aimons pas qu’on nous parle comme si on nous récitait une leçon.

             Pour Dieu c’est pareil. Il n’accepte pas de notre part des prières vides, vides de notre cœur. Nous ne pouvons atteindre Dieu qu’avec le cœur.

             Dans la relation de Dieu avec nous et dans notre relation avec Dieu, tout se passe au niveau du cœur.

             Vivre en chrétien, c’est vivre intensément cette alliance d’amour entre Dieu et nous.

             C’est d’abord dans le cœur que grandissent la solidarité, l’amitié, la patience, l’humilité, la foi, la miséricorde et le pardon.

             Seigneur Jésus Christ nous te prions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’Amour, mets en notre intérieur, en  notre coeur ton Esprit Saint, ton Esprit de Lumière, ton Esprit d’Amour pour être en paix avec nous-même et avec notre prochain."

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  •             Évangile de Jn 6, 60-69

                « Comme cette eau se mêle au vin, pour le sacrement de l’alliance, puisions-nous être unis à la divinité de Jésus qui a pris notre humanité. »

                Les textes de la Parole de Dieu de ce dimanche me font penser à cette phrase que le prêtre prononce en versant de l’eau dans le vin au moment de l’offertoire.

                « Comme cette eau se mêle au vin, pour le sacrement de l’alliance, puisions-nous être unis à la divinité de Jésus qui a pris notre humanité. »

                C’est une grande révélation que Dieu nous fait en ce dimanche :

                - L’humanité de Jésus, son Corps et son Sang, nous sont donnés pour que nous ayons part à sa divinité : “ à sa vie divine pour toujours”.

                - Dis encore plus simplement : Dieu s’est fait Corps et Sang, pour que notre corps et notre sang soient plus proches de Dieu, soient dans l’intimité de Dieu.

                C’est un échange qui nous est proposé par le Seigneur : Dieu vient prendre notre humanité, et nous, nous recevons Dieu en nous, en notre coeur.

                Cette révélation est à expérimenter, que dis-je, elle est à manger pour nous laisser pénétrer par l’Amour de Dieu.

                Et c’est la communion ! Le Seigneur par son Corps et son Sang, par tout ce qui fait notre humanité, vient en nous pour être Vie, Force, Espérance, Amour, Joie et Paix.

                Par la communion, nous pouvons suivre Jésus sur le chemin de la Vie qui n’a pas de fin.

                Quand on a compris cette révélation, cette venue de Dieu dans notre humanité, pour nous donner sa Vie pour toujours.

                Vers qui pourrions-nous aller ? Sinon, vers Jésus, Dieu fait Homme pour nous.

                Oui, le Seigneur est réellement présent dans le pain et le vin offert à la messe comme il nous a demandé de le faire : “Faîtes cela en mémoire de moi.”

                Ce n’est peut-être pas toujours très facile d’y croire. Nous pouvons essayer d’expliquer cette présence par des mots comme le mot de la “transsubstanciation” (Au delà de la substance du pain et du vin il y a le Corps et le Sang du Christ).

                Mais, au delà des mots, le mieux serait, je pense, de laisser parler notre coeur. Comme un écrivain l’a déjà dit : “L’essentiel est invisible aux yeux, il n’est visible que par le coeur.”

                Ce qui nous fait croire au Corps et au Sang du Christ, c’est d’abord le Christ lui-même, le Seigneur qui nous a dit que c’est son Corps et son Sang.

                Ensuite, ce qui nous fait croire, c’est l’attitude de toutes ces personnes qui avec la communion ont fait des choses extraordinaires : l’abbé Pierre, soeur Thérésa, soeur Emmanuelle et bien d’autres encore… personnes connues et inconnues.

                Ce qui est formidable, c’est que Jésus n’attend pas que nous soyons parfaits pour nous rejoindre. Il vient en premier vers nous car Il sait bien que nous avons besoin de Lui.

    C’est Dieu, en Jésus, qui vient nous rencontrer et qui nous parle le premier.

    D’ailleurs, nous sommes faits comme Jésus : Pour être heureux nous avons besoin d’être avec des amis, et nous avons besoin d’écouter et de parler.

    Nous avons donc un ami pour toujours qui nous aime : C’est Jésus, le Seigneur.

    Et quand on a un ami, quand on est heureux : ça se voit, et on peut rendre les autres heureux aussi.

    “ Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé

    Se laisser aimer par le Seigneur Jésus, le rencontrer et Lui parler : cela s’appelle la Communion (recevoir le Corps du Christ).

    Quand la Communion devient pour nous une rencontre intime avec le Seigneur Jésus, alors la communion est source de joie et de paix.

    "Comme cette eau se mêle au vin, pour le sacrement de l’alliance, puisions-nous être unis à la divinité de Jésus qui a pris notre humanité. »

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